Bruxelles, 13/09/2013 (Agence Europe) - Le COPA-COGECA s'est opposé, mercredi 11 septembre, au vote des eurodéputés sur le projet visant à imposer des facteurs ILUC et un plafond de 6% à l'utilisation des biocarburants provenant de cultures arables.
« Les agriculteurs et l'industrie ont déjà considérablement investi dans ce secteur, après la décision de 2006 des institutions européennes visant à garantir que 10% des carburants de transport proviennent de sources d'énergies renouvelables d'ici à 2020. Leur volte-face en faveur d'un plafond de 6% est totalement inadmissible », a déclaré Pekka Pesonen. Selon lui, cette décision remet en question les objectifs de l'UE en matière d'énergie et de changement climatique et « menace l'approvisionnement en aliments pour animaux ainsi que quelque 200 000 emplois, principalement dans les zones rurales ».
Les coproduits de la production conventionnelle de biocarburants, tels que les tourteaux de colza, la pulpe de betterave et les drêches séchées de distillerie, jouent un rôle important sur le marché des aliments pour animaux protéinés et au sein de la chaîne alimentaire européenne, alors que l'UE se trouve confrontée à une pénurie croissante. La production conventionnelle de biocarburants constitue une manière efficace de rééquilibrer le déficit de l'UE en protéines végétales, d'accroître la stabilité des marchés des produits de base et des prix à la consommation et au producteur, ainsi que d'exploiter pleinement la capacité de production de l'UE afin de favoriser la croissance verte dans les zones rurales, explique M. Pesonen. Une nouvelle étude montre également que la production européenne de biocarburants ne menace pas l'approvisionnement alimentaire et ne cause pas non plus de hausses des prix des denrées alimentaires dans le reste du monde. « C'est pourquoi il convient d'augmenter la part de biocarburants provenant de cultures arables à au moins 8% et d'inclure tous les déchets et résidus dans l'objectif en matière de biocarburants avancés », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le Copa-Cogeca est opposé à l'introduction de facteurs ILUC pour la notification dans les deux directives européennes, « étant donné que l'on ne dispose pas de preuves scientifiques solides et pertinentes. Le modèle utilisé n'est ni transparent ni adapté à une estimation précise de l'ampleur du changement d'affectation des sols et des émissions de gaz à effet de serre en résultant, du fait d'erreurs de données critiques et d'importants problèmes méthodologiques. Les comptes multiples doivent également être rejetés étant donné qu'ils risquent d'induire le consommateur en erreur quant au véritable niveau des sources renouvelables ». (LC)