Bruxelles, 13/10/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont appelé, le 12 septembre, le Conseil de l'UE, la Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure à développer leur coopération politique avec le Belarus, soumettant cette coopération à la condition préalable que soient libérés et réhabilités les prisonniers politiques. Ainsi, le rapport de Justas Vincas Paleckis (S&D, Lituanie) ne sanctionne pas le Belarus, contrairement à la plupart de la trentaine de rapports adoptés ces cinq dernières années, mais fixe des orientations pour des relations constructives entre l'UE et le Belarus.
Dans ses recommandations sur la politique de l'Union, le Parlement européen demande à l'UE de saisir de « l'occasion idéale » que représentent la présidence lituanienne du Conseil et le sommet du Partenariat oriental, fin novembre à Vilnius, pour améliorer les relations avec Minsk, dès que les prisonniers politiques auront été libérés, dans la perspective de la reprise du dialogue politique.
Les députés souhaitent que l'UE tire parti de la suspension de l'interdiction de visa du ministre biélorusse des Affaires étrangères pour élargir les canaux de communication. Ils demandent d'ailleurs une « évaluation approfondie » des sanctions de l'UE « en vue, au besoin, d'améliorer leur efficacité et d'adapter leur portée, leur nature et leur validité afin de réagir aux évolutions au sein du pays et dans ses relations avec l'Union ». Le Parlement encourage le dialogue avec les fonctionnaires qui n'ont pas été personnellement impliqués dans la répression, afin de renforcer la coopération UE/Biélorussie.
Pour les députés, il convient de soutenir la société civile, en particulier les organisations de défense des droits de l'homme, et d'accroître le soutien technique et financier, y compris par l'intermédiaire du Fonds européen pour la démocratie, aux organisations de la société civile, aux ONG indépendantes, aux défenseurs des droits de l'homme et aux syndicats.
Il est aussi nécessaire que « toutes les options stratégiques disponibles » soient envisagées pour encourager la Biélorussie à, entre autres, lever les obstacles et les restrictions sur la liberté d'association, d'expression, des médias, de circulation, de réunion pacifique et de pensée, à mettre en place les réformes destinées à bâtir un pouvoir judiciaire indépendant, démocratiser le code électoral ou encore à lutter contre la discrimination des minorités, expliquent encore les élus.
Les députés souhaitent aussi une plus grande coopération dans le domaine économique, dont une coopération régionale renforcée grâce notamment aux initiatives sectorielles du Partenariat oriental, « en particulier dans les domaines du commerce, de l'énergie, de l'environnement et des transports ».
Le Parlement souhaite aussi des progrès dans la gestion des frontières, avec un renforcement de la coopération UE/Biélorussie en matière de gestion des frontières et de lutte contre la criminalité transfrontalière, et le lancement d'un partenariat pour la mobilité UE/Biélorussie. (CG)