Bruxelles, 13/09/2013 (Agence Europe) - Les eurodéputés urgent les États membres à faire tout leur possible pour réduire l'écart salarial entre les hommes et les femmes, qui persiste à environ 16% en moyenne en Europe. Jeudi 12 septembre, ils ont adopté la résolution en ce sens de la députée européenne Edit Bauer (PPE, Slovaquie). L'écart salarial a également des répercussions dommageables à long terme sur la discrimination des femmes sur le marché de l'emploi, leur niveau de pension et leur exposition à la pauvreté.
Dans cette résolution, les eurodéputés regrettent de but en blanc « la lenteur » de la réduction des écarts de rémunération entre les hommes et les femmes dans l'Union européenne. Ils demandent donc que la directive 2006/54/CE à ce propos soit améliorée. En mai dernier, le Parlement avait déjà adopté des recommandations en ce sens formulées à l'égard de la Commission. La rapporteur Bauer déplore que cela soit resté lettre morte à ce jour. Une question orale en ce sens a également été adressée par le président de la commission parlementaire aux droits des femmes, Gustafsson Mikael (GUE, Suède).
La commissaire européenne aux Droits fondamentaux, Viviane Reding, s'est exprimée à ce propos lors du débat précédent le vote lundi 9 septembre, jugeant qu'« il y a des facteurs économiques, sociaux et légaux qui vont plus loin que les chiffres dans la relation d'un salaire égal pour un travail égal ». Elle considère dès lors que «c'est un problème à multiples facettes pour être résolu par deux ou trois articles légaux dans une directive européenne. Les faits montrent que la loi peut être écrite, mais n'est pas correctement appliquée ».
C'est d'ailleurs pourquoi Mme Bauer enjoint également directement les États membres à réduire les écarts de rémunération d'au moins cinq points de pourcentage par an d'ici à 2020. En effet, elle part du principe qu'à terme réduire l'écart salarial est un investissement. Selon une étude préparée par le Parlement, réduire d'un point de pourcentage l'écart salarial pourrait booster la croissance de 0,1%. (MD)