Bruxelles, 05/09/2013 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, est resté flou, jeudi 5 septembre, sur les contours de l'assistance supplémentaire dont pourrait avoir besoin la Grèce dès 2014.
S'exprimant devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, il a estimé qu'il était trop tôt pour « parler des caractéristiques ou des conditions d'un possible nouveau programme ». Reprenant un député sur sa formulation, il a souligné ne pas avoir parlé d'un « nouveau prêt » à Athènes pendant le débat, mais plutôt d'assistance. Il a toutefois jugé « réaliste de penser que la Grèce aura besoin de soutien additionnel au-delà du programme » actuel, car malgré « les récents progrès », ses problèmes « n'auront pas complètement été résolus en 2014 ». Et de citer l'engagement pris par l'Eurogroupe de fournir l'appui nécessaire au pays jusqu'à ce que celui-ci ait retrouvé un accès complet aux marchés financiers. Quant à la réduction du fardeau de la dette, il a botté en touche de la même façon, renvoyant à avril 2014 le moment des décisions, une fois connues les performances du pays sur le plan budgétaire. Conformément aux accords pris en novembre 2012, cette réduction pourrait se faire via le rabotage des taux d'intérêts assortis aux prêts accordés ainsi que des taux de cofinancement pour l'utilisation des fonds structurels, a encore précisé le Néerlandais. La Grèce a toutefois encore des efforts à faire en matière de réforme de l'administration fiscale et du service public, selon lui. Quant au programme de privatisation, qui « n'avance pas aussi vite que nous l'espérions », il est nécessaire pour la « soutenabilité financière du programme ». Dans ce sens, se contenter de restructurer ces entreprises peut s'avérer « économiquement nécessaire mais ne va pas aider le programme », a-t-il commenté.
Evoquant l'Irlande, M. Dijsselbloem a assuré que les Seize se tenaient prêts à assister Dublin dans sa sortie du plan d'aide afin que celle-ci soit définitive. Sur ce point, la Commission a précisé jeudi que les discussions sur les actions à prendre pour accompagner le pays hors du programme auraient lieu cet automne.
M. Dijsselbloem a enfin jugé que l'accalmie que commençait à connaître la zone euro était fragile et que la mise en œuvre, tant des recommandations spécifiques par pays que de l'union bancaire, était cruciale. Répondant à une députée qui craignait une croissance sans emploi, il a expliqué qu'il pouvait y avoir un décalage entre le début de la reprise et les effets concrets sur le chômage. Dans ce contexte, rétablir le crédit aux entreprises est également important et nécessite un secteur bancaire sain, à ses yeux. Sur ce point, il a préconisé une implication du secteur privé aux côtés de la BCE et de l'EBA pour les tests de résistance (stress tests) auxquels les banques seront soumises. (EL)