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Bulletin Quotidien Europe N° 10915
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) g20

La situation en Syrie évoquée

Saint-Pétersbourg, 05/09/2013 (Agence Europe) - Les leaders des vingt principales économies de la planète ont discuté de la situation en Syrie, jeudi 5 septembre.

Le président russe, hôte du sommet du G20 dans sa ville natale de Saint-Pétersbourg, a demandé au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de soulever cette question, non formellement à l'ordre du jour de la réunion, lors du dîner, qui n'avait pas débuté à l'heure où nous mettions sous presse.

Soutenus par la France, les États-Unis, persuadés que le régime syrien est responsable de l'attaque chimique ayant fait, fin août, quelque 1 300 morts dont des civils, veulent lancer une attaque militaire limitée destinée à empêcher la répétition d'atrocités interdites par le droit international. Cette initiative est suspendue à l'aval du Congrès américain. Épaulée par la Chine, la Russie réclame des preuves irréfutables de la culpabilité de Bachar al-Assad et considère comme une agression toute initiative militaire n'ayant pas reçu l'aval du conseil de sécurité de l'ONU. Les preuves avancées par les autorités américaines sont « loin d'être convaincantes » et une attaque militaire en Syrie « pourrait déstabiliser l'économie mondiale », a estimé Dimitri Peskov, le porte-parole de M. Poutine, en marge du sommet.

À leur arrivée au sommet, les présidents de la Commission européenne, M. Barroso, et du Conseil européen, M. Van Rompuy, ont estimé qu'une solution militaire au conflit était impossible, privilégiant une solution « politique ». Qualifiant les attaques chimiques de « crime contre l'humanité » ne pouvant rester sans réponse au risque de créer un précédent « terrifiant », M. Van Rompuy a souligné le rôle que peut jouer la Cour pénale internationale en sanctionnant leurs auteurs et a estimé nécessaire de traiter la question syrienne « à travers le processus onusien ». Il a espéré que le rapport des inspecteurs de l'ONU ayant enquêté à Damas sur l'usage des armes chimiques sera disponible « aussi vite que possible ».

Jeudi en fin d'après-midi, une réunion des leaders des cinq pays de l'UE (Allemagne, Espagne, France, Italie + Espagne) en marge du sommet était évoquée afin de définir une position européenne commune, sans toutefois être confirmée. « Nous allons coordonner notre position dans les heures à venir », a indiqué M. Van Rompuy, d'avis que cette position ne pouvait être très éloignée de celle qu'il venait de présenter.

Ayant fait plus de « 2 millions » de réfugiés principalement au Liban et en Jordanie (EUROPE n°10913), la situation en Syrie est la « plus grande tragédie humanitaire de notre temps », a déploré M. Durão Barroso. L'UE a débloqué 1,3 milliard d'euros pour venir en aide aux victimes du conflit. (MB)

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