Saint-Pétersbourg, 05/09/2013 (Agence Europe) - À l'ouverture du sommet des vingt principales économies mondiales, l'Union européenne a porté, jeudi 5 septembre à Saint-Pétersbourg, un message de confiance à ses partenaires, convaincue que les efforts entrepris en matière de surveillance budgétaire, de réformes structurelles et de réglementation financière commencent à porter leurs fruits.
« L'Europe est dans une bien meilleure forme qu'il y a un an à Los Cabos ! », s'est félicité le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à son arrivée au Palais de Constantin, somptueux palais fondé à l'initiative de Pierre le Grand au XVIIIème siècle. « L'UE a tenu ses engagements pris l'année dernière », a renchéri le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso. Tous deux faisaient allusion à l'inquiétude que l'Europe, secouée par les turbulences nées de la crise de la dette souveraine dans la zone euro, avait suscitée en 2012 lors du précédent sommet du G20 au Mexique.
M. Van Rompuy a listé les décisions prises et les chantiers en cours ayant permis aux Européens d'« éviter le pire » et d'éloigner, depuis plus d'un an, « la menace existentielle qui pesait sur l'Eurozone »: la réduction de la fragmentation financière avec notamment le lancement du chantier de l'union bancaire, les réformes structurelles visant à rendre les économies plus compétitives et l'assainissement graduel des finances publiques. Résultat: « presque » toutes les économies de l'UE croîtront en 2014, a indiqué M. Van Rompuy.
Malgré de fortes divergences selon les États membres et un taux de chômage anormalement élevé, l'Europe est à un « tournant » avec le retour de la croissance, a assuré M. Barroso, mettant en garde contre toute tentation de relâcher les efforts. Selon les dernières données d'Eurostat pour le 2ème trimestre 2013, la hausse du PIB de l'Eurozone a été de 0,3% et, sur les cinq pays européens présents au G20 (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Espagne), seuls l'Espagne et l'Italie étaient en récession, avec une chute respective de leur PIB d'0,1% et d'0,2%. « Il est d'une importance cruciale qu'en Europe, et ailleurs dans le monde, nous entreprenions tous les efforts afin que cette reprise soit durable dans le temps », a souligné M. Barroso.
Toutefois, le président de la Commission n'a souhaité donner aucun conseil aux pays émergents, qui font actuellement face à une fuite massive de capitaux en raison du ralentissement de leur croissance interne, de la perspective de taux d'intérêt plus favorables dans les pays développés et de l'insécurité suscitée par la situation en Syrie (voir autre nouvelle). Une situation qui provoque une chute de la valeur des monnaies, notamment en Inde, au Brésil et en Turquie. C'est vrai, dans certains pays émergents, « la croissance est en dessous de son potentiel », a indiqué M. Barroso. « Nous ne sommes pas ici pour donner des leçons mais pour partager notre expérience », a-t-il ajouté, plaidant pour la mise sur pied d'un modèle de croissance durable et concerté qui implique un secteur financier sain et fasse la part belle au libre-échange, « le moyen le moins coûteux », selon lui, pour soutenir la reprise économique et venir en aide aux plus démunis.
Fiscalité. Les deux leaders européens ont insisté sur l'importance des travaux internationaux, notamment sous l'égide de l'OCDE (voir autre nouvelle), en matière de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. « Le G20 doit terminer ce que nous avons initié en Europe en faisant de l'échange automatique d'informations la norme internationale », a estimé M. Barroso, évoquant « 2015 » comme date butoir. Pour M. Van Rompuy, l'UE est prête à s'attaquer aux montages fiscaux « agressifs » permettant d'éluder l'impôt par l'érosion des bases fiscales, notamment dans le secteur des nouvelles technologies. (MB)