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Bulletin Quotidien Europe N° 10862
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) algÉrie

Pour l'UE, Alger n'a pas besoin d'argent mais d'expertise européenne

Bruxelles, 07/06/2013 (Agence Europe) - « L'Algérie n'a pas besoin d'argent mais d'expertise européenne », a déclaré, jeudi 6 juin, une représentante du SEAE, le Service européen pour l'action extérieure.

La délégation parlementaire européenne pour la coopération avec le Maghreb a organisé ce jour-là à Bruxelles une audition portant sur les relations avec l'Algérie et la situation politique interne, à laquelle ont été conviées le Service européen pour l'action extérieure (SEAE), en l'occurrence Mme Manuela Riccio, chef du bureau Algérie et Mme Nassera Dutour, vice-présidente du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH).

Dressant l'état de la situation, Mme Riccio a fait part de la satisfaction européenne au sujet de l'intensification des contacts aussi bien institutionnels qu'avec la société civile et l'engagement des deux parties dans un dialogue politique substantiel. Alger a amorcé depuis 2011 un rapprochement remarqué avec l'UE. Cela a abouti à son acceptation de négocier un plan d'action dans le cadre de la politique de voisinage (une session a déjà eu lieu) et d'ouvrir un dialogue approfondi sur les coopérations sectorielles (16 mai à Alger). La « tendance est positive», a-t-elle témoigné, dans un contexte régional qui incite à la nécessité de s'ouvrir à la société civile et de renforcer la vigilance face au terrorisme dont l'Algérie a une expérience passée douloureuse et dont elle ressent la menace aujourd'hui dans la région contiguë du Sahel-Sahara.

Dans cet esprit, et pour encourager le processus de réformes en Algérie, un appui de 20 millions d'euros a été octroyé en 2012 au titre du programme 'Spring', 10 autres millions ont été affectés à des actions d'appui à la gouvernance et à la diversification économique. Mais, a-t-elle précisé, en réaction à des interventions des parlementaires présentes (la Française du groupe des Verts/ALE Malika Benarab-Attou, et les Espagnoles du groupe S&D Carmen Romero et Inès Ayala Sender), les fonds 'Spring' ne seront pas renouvelés « compte tenu de la situation budgétaire en Europe et des résultats (de la première tranche) qui ne sont pas à la hauteur » des espérances. « En fait, l'Algérie n'a pas besoin d'argent mais d'expertise européenne. »

« On met de simples pansements sur des plaies béantes », a répliqué Mme Benarab-Attou, qui demande une position européenne plus ferme et une implication directe des eurodéputés dans le dialogue politique engagé avec l'Algérie. Mme Romero, elle aussi, a plaidé pour que le PE ait son mot à dire dans l'orientation à donner aux relations politiques euro-algériennes. Mme Ayala a plaidé plutôt pour une démarche prudente et pour éviter « les amalgames ».

Pour Mme Dutour, la volonté de changement au sein de la population est manifeste et il subsiste aussi bien de l'agitation dans les rues que de l'insécurité dans les régions méridionales du pays. Elle a contesté que les appuis financiers européens aient pu aller à la société civile « sachant la façon dont le pays est géré ». Mais, pour Mme Riccio, il y a dans les nouvelles législations « des textes positifs », certes pas dans tous les domaines et l'UE l'admet en ne reconduisant pas ses appuis au titre de 'Spring'.

« C'est l'Algérie qui devrait donner à l'EUROPE 20 millions d'euros » pour encore fermer les yeux, a redit Mme Dutour, qui a pointé du doigt de nouvelles lois sur la presse et sur les associations qu'elle juge dangereuses: plutôt pas de réformes que de telles réformes, à son avis. « Nous étouffons » dans un pays qui « n'est plus gouverné » et qui depuis deux ans « n'a plus de président ». « Les acquis de 1988 (premier 'Printemps' dans la région) sont éliminés » et les terroristes tiennent selon elle le haut du pavé et déploient à leur aise leur propagande dans le pays. « Nous ne vous demandons pas d'intervenir comme en Libye mais d'y aller et d'écouter la population. Les délégations qui viennent voir les associations ne nous rencontrent que très peu de temps tant leurs agendas sont organisés de manière chargée. » Sa conclusion est: « N'attendez pas qu'il soit trop tard comme en Tunisie ou en Égypte. ». (FB)

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