Bruxelles, 07/06/2013 (Agence Europe) - Les nouveaux modes de paiement, qui reposent sur la technologie électronique et la possession d'un compte bancaire, ne sont pas de nature inclusive pour les personnes les plus vulnérables, a révélé une étude menée dans cinq pays (Royaume-Uni, France, Italie, Pologne, Suède) et commanditée par la Fondation européenne pour l'inclusion financière (EUFFI).
Cette étude, présentée mercredi 5 juin au Parlement européen en présence du commissaire chargé du Marché intérieur, Michel Barnier, et de la députée européenne Evelyne Gebhardt (S&D, Allemagne), démontre également qu'il est devenu plus coûteux, ou difficile, de régler via les moyens de paiement traditionnels, comme en argent liquide.
Jim Murray, président de l'EUFFI a précisé que les personnes isolées ne constituaient pas qu'un petit groupe homogène et que « tout le monde » pouvait se retrouver exclu. L'étude s'est toutefois penchée sur cinq catégories de personnes plus fragiles: les personnes handicapées, les personnes surendettées, celles à bas revenus, les personnes âgées et les migrants. Selon chaque public, les problèmes rencontrés face aux nouveaux systèmes de paiement varient. Les difficultés peuvent, par exemple, être liées à l'interface, comme Internet ou même les distributeurs automatiques de billets, qui ne sont pas toujours adaptés ou accessibles.
L'étude souligne qu'il est difficile de participer à la vie de la société sans compte bancaire, les salaires ou les retraites transitant généralement par ce biais. Selon les pays, le paiement en liquide n'est également pas accepté partout, comme par exemple dans les toilettes publiques suédoises. S'il est accepté, il engage parfois des frais, ceux-ci peuvent s'élever jusqu'à 85 euros en Suède.
« L'accès aux services bancaires de base et aux moyens de paiement traditionnels, tels que le paiement en espèces ou les transactions sur papier doivent devenir un droit universel », a plaidé Mme Gebhardt. M. Murray a, pour sa part, estimé que le champ de l'étude présentée devait être élargi.
« Nous tirons les leçons de la crise: nous régulons » les marchés financiers, a expliqué M. Barnier, pour qui il faut une régulation « proactive, qui encourage l'inclusion ». Et de rappeler le paquet législatif proposé en mai dernier qui vise à garantir l'accès à un compte bancaire, à accroître la transparence et la comparabilité de l'information sur les frais qui en découlent et à faciliter la mobilité de banque à banque (EUROPE n° 10841 et n° 10843). (EL)