Bruxelles, 07/06/2013 (Agence Europe) - Les pays membres doivent progresser avant la pause estivale, en vue de conclure en décembre à Bali un accord partiel sur le round de Doha, avertit Pascal Lamy.
Si des progrès ont été enregistrés ces derniers mois dans les pourparlers du round de Doha, lancé en 2001 et dans l'impasse depuis 2008, les 159 pays membres devront se donner les moyens, d'ici les vacances d'été, de conclure début décembre un accord partiel sur trois sujets: la facilitation des échanges, le traitement spécial et différencié, incluant les besoins des PMA, et certains éléments du chapitre agricole.
« Il nous reste 40 jours ouvrables avant la fin juillet, que je considère comme la dernière station-service avant l'autoroute qui mène à Bali », où se tiendra la 9ème conférence ministérielle de l'OMC, du 3 au 9 décembre prochain, a estimé Pascal Lamy, devant le comité des négociations commerciales de l'organisation, le 3 juin. « Nous devons avancer sur le fond dans cette période pour avoir une chance de parvenir aux résultats espérés à Bali et d'établir une feuille de route pour la suite », a averti le patron de l'OMC, qui avait rencontré en milieu de semaine dernière une quinzaine de ministres du Commerce, en marge de la réunion annuelle de l'OCDE à Paris. Nul doute que Pascal Lamy, qui cédera sa place fin août au Brésilien Roberto Azevedo, désigné à la mi-mai pour lui succéder, aimerait sauver ce qui peut l'être d'un round moribond, qu'il n'aura pas pu mener à une conclusion heureuse en deux mandats de quatre ans.
Des progrès seront en particulier nécessaires sur le volet agricole. Des éléments de « convergence politique » sont palpables concernant la proposition des pays en développement du G33, emmenés par l'Inde et l'Indonésie, visant la constitution de stocks publics pour la sécurité alimentaire et l'aide alimentaire intérieure. Sur ce chapitre, la situation s'est quelque peu débloquée avec l'annonce par les États-Unis, longtemps opposés à cette demande, de leur disposition à examiner les moyens de réformer les règles de l'OMC pour renforcer la sécurité alimentaire (EUROPE n° 10845). En revanche, la proposition des pays émergents du G20, emmenés par le Brésil, sur l'élimination des subventions à l'exportation pour les produits agricoles, selon des modalités similaires à celles qui étaient prévues dans le texte sur la table des négociations de Doha en 2008, un échange de vues plus en profondeur pour identifier la voie à suivre est « urgent », selon M. Lamy. Enfin, les discussions sur l'autre proposition du G20 sur la gestion des quotas d'importation tarifaires semblent « en bonne voie ».
Gita Wirjawan présidera la conférence de Bali. Les pays membres de l'OMC ont convenu, lors du Conseil général du 4 juin, que le ministre indonésien du Commerce présidera la réunion de décembre. (EH)