Bruxelles, 07/06/2013 (Agence Europe) - Les États membres ont à nouveau signifié vendredi 7 juin à Luxembourg leur désaccord avec la proposition de la Commission de fusionner l'Agence européenne de coopération policière (Europol) avec le collège de police (CEPOL), chargé des formations des polices de l'UE.
La commissaire européenne Cecilia Malmström a fait cette proposition en mars afin notamment de renforcer l'efficacité d'Europol et surtout de réaliser des économies.
Sans surprise, le Royaume-Uni, qui abrite le siège du CEPOL à Bramshill, s'est prononcé clairement contre ce projet, « une fusion artificielle », a dit la ministre de l'Intérieur, Teresa May, pour qui « le Conseil doit rejeter cette fusion ». Craignant un contrôle démesuré sur les polices nationales, la ministre britannique a aussi jugé que cette réforme obligerait les autorités répressives à fournir de plus en plus de données à Europol et ferait privilégier « la quantité sur la qualité ». Europol « ne peut pas obliger les agences nationales à partager leurs informations », a encore dit la ministre britannique.
D'autres délégations sont réticentes à l'idée de cette fusion. La Slovénie, Malte, l'Autriche ou encore l'Espagne se sont opposées à la proposition vendredi matin lors d'un débat public. Il s'agit d'un projet « qui n'apporte pas grand-chose », a dit Madrid. La France est également contre cette fusion, a dit le ministre Manuel Valls lors d'un point presse, estimant que c'est « Europol qui doit se mettre au service des États membres et non l'inverse ». Le Danemark a également de sérieuses réserves par rapport à cette réforme et pourrait même quitter Europol.
Ce n'est pas la première fois que les États membres font part de leurs réticences quant à ce projet de fusion et la Commission « doit maintenant dire ce qu'elle compte faire » de cette proposition qui a du plomb dans l'aile, a expliqué une source. La fusion doit faire économiser au budget de l'UE un peu plus de 17 millions d'euros sur la période 2015-2020, le CEPOL ayant actuellement un budget annuel de 8 millions d'euros. Mais les députés de la commission des libertés civiles du Parlement européen se sont également prononcés contre cette réforme qui affaiblirait au final le travail des deux agences, ont-ils déjà fait valoir. (SP)