Bruxelles, 06/06/2013 (Agence Europe) - Que ce soit sur les taux d'intérêt ou d'éventuelles mesures non conventionnelles destinées à améliorer le financement des PME, la BCE a décidé, jeudi 6 juin, de ne prendre aucune nouvelle décision et attend d'avoir le recul suffisant pour évaluer les mesures déjà en place.
Après une discussion « riche », le Conseil des gouverneurs est parvenu à un « consensus » selon lequel les changements observés depuis la dernière baisse des taux d'intérêt n'appellent pas à une action immédiate en matière de taux, a déclaré le président de la BCE. Mario Draghi s'est contenté de répéter que l'Institut de Francfort suivait la situation de près et se tenait « prêt à agir » si nécessaire.
Selon l'institution européenne, le PIB de l'Eurozone chutera de 0,6% en 2013 et croîtra de 1,1% en 2014. Malgré ces prévisions « marginalement » revues à la baisse, M. Draghi a prédit « une reprise graduelle à un niveau faible dans la seconde partie de l'année ». L'inflation devrait s'élever à 1,4% cette année et 1,3% l'année prochaine. Existe-t-il un risque de déflation ? « Nous ne voyons rien de la sorte dans un pays quelconque » de la zone euro, a estimé M. Draghi, relevant des baisses de prix sur certains marchés tels que le pétrole. D'ailleurs, la baisse du pétrole est-elle structurelle ou simplement transitoire, s'est-il interrogé.
Estimant la faible hausse des prix « bénéfique » pour les épargnants, l'ancien gouverneur de Banca d'Italia a réitéré le caractère « inévitable » de la consolidation budgétaire à travers une réduction des dépenses publiques, malgré ses effets « douloureux » immédiats, afin de restaurer une croissance durable et saine. Au lieu de cela, les pays concernés augmentent des impôts pourtant déjà « très très élevés », a-t-il déploré, tout en comprenant aussi leurs motivations, dues notamment à l'urgence de la situation.
PME. La BCE a eu un « ample » débat sur les mesures non conventionnelles qui permettraient in fine d'aider les PME à améliorer leur accès aux financements. Par exemple, sur la question de fixer un taux d'intérêt négatif pour la facilité de dépôt bancaire, elle se dit techniquement prête à agir tout en soulignant l'importance de mesurer les conséquences inattendues de telles mesures.
Sur l'union bancaire, le président de la BCE a fait part de sa confiance dans la capacité des Européens à mettre sur pied le mécanisme unique de restructuration bancaire d'ici à ce que le mécanisme unique de supervision bancaire soit opérationnel. À l'automne, l'institut monétaire, en tant que superviseur européen, analysera les bilans des 140 banques directement sous sa responsabilité. N'attendez « rien de comparable avec ce que nous avons vu il y a 2 ou 3 ans », a prévenu M. Draghi.
Avant l'audition sur l'opération OMT de rachat de titres de dette qui aura lieu la semaine prochaine à la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, M. Draghi a considéré cette mesure - qui existe sur le papier mais n'a jamais été mise en pratique - comme « la plus couronnée de succès » de toutes les mesures non conventionnelles prises par la BCE pour affronter la crise de la dette. « L'opération 'OMT' a apporté de la stabilité en Europe et dans le monde » et elle a contribué à faire baisser le coût du capital, a-t-il souligné. (MB)