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Bulletin Quotidien Europe N° 10861
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) acp/ue

APE, mis sous pression, les pays ACP sont désenchantés

Bruxelles, 06/06/2013 (Agence Europe) - Le Conseil des ministres conjoint ACP/UE s'est ouvert, jeudi 6 juin après-midi à Bruxelles, sur fond de désillusion des États du groupe ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique) quant à leur chance de voir entendues leurs revendications légitimes à ne pas subir la pression de leurs partenaires européens pour ratifier, à la date butoir d'octobre 2014 - sauf à se voir retirer l'accès au marché européen en franchise de droits et de quotas - des accords de partenariat économique (APE) qui ne servent pas les intérêts de développement de leurs nations.

Jeudi, en fin d'après-midi, cette session ministérielle coprésidée par Phandu T.C. Skelemani, ministre la Coopération internationale du Botswana et président du Conseil ACP, et Joe Costello, ministre irlandais du Développement et de la Coopération internationale, entamait la discussion sur cette question épineuse avec Karel De Gucht, le commissaire européen au Commerce. Mais les échanges très vifs, la veille, au sein du Conseil des ministres ACP, avaient donné la mesure du désenchantement ACP. « Pour les APE, le langage n'est plus diplomatique » confiait, mardi soir un diplomate ACP. Même la région Caraïbes - la seule à avoir conclu un APE complet (Cariforum/UE) - a souligné que certaines dispositions de l'APE, concernant notamment les institutions conjointes, « ne peuvent être appliquées étant donné les divergences d'interprétation » entre les deux parties.

Le représentant de la Barbade a dénoncé le fait que « la date d'entrée en vigueur de certains tarifs douaniers n'avait pas été négociée, ce à quoi l'UE a rétorqué que c'était intrinsèque à l'accord ».
Déplorant « des attitudes et discours péremptoires » de la part des Européens, l'ambassadeur de Guinée Bissau a déclaré: « Nous avons l'impression qu'on cherche à nous diviser, à nous fragiliser et que ce qui nous liait se disloque. L'UE veut que nous admettions le plus petit commun dénominateur. Nous devons convaincre nos partenaires du bien- fondé de nos aspirations. Si nous acceptons, c'est la destruction du tissu industriel déjà faible de nos pays. Nous pouvons faire des compromis, mais pas au détriment des peuples que nous représentons. » Le représentant de l'Afrique du Sud a déclaré: « Ça fait dix ans qu'on négocie. Que les résultats soient bons ou mauvais, les Européens veulent montrer qu'ils sont dans un processus imposé par eux. Il faut trouver comment sauver ce qui peut l'être. À court terme et à moyen terme, l'avenir de nos pays ACP réside dans le commerce intra-ACP. »

Les pays ACP déplorent la forte pression exercée sur eux via la modification du règlement sur l'accès au marché (1528/2007) pour qu'ils acceptent les APE non pas pour leurs effets bénéfiques sur leur développement, mais par crainte de voir s'interrompre leurs exportations vers l'UE - une pression contraire aux principes et à l'esprit du partenariat ACP-UE tels qu'énoncés dans l'Accord de Cotonou. (AN)

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