Bruxelles, 06/06/2013 (Agence Europe) - La Commission croit dur comme fer à la réindustrialisation de l'Europe comme élément essentiel de la stratégie de croissance de l'UE.
Objectif 20% en 2020. Le président de l'exécutif européen José Manuel Barroso et son responsable en charge de l'industrie, Antonio Tajani, ont souligné jeudi 6 juin, lors d'une conférence sur la renaissance industrielle, le rôle essentiel du secteur secondaire, dont la part est tombée en deçà de 16% du PIB pour l'UE dans son ensemble et qu'ils veulent rétablir à 20% d'ici 2020, dans leur stratégie de croissance.
Dans le cadre d'une stratégie de politique industrielle révisée à l'automne 2012, des plans d'action pour la relance de secteurs industriels clés confrontés à des difficultés particulières, tels que l'automobile, la construction et l'industrie navale, ont été adoptés et sont mis en œuvre, en collaboration avec les capitales, l'industrie et les partenaires sociaux, a rappelé le commissaire Tajani.
Au secours de l'acier. Le secteur de l'acier va lui aussi être appuyé par un plan d'action européen, que la Commission dévoilera le 11 juin. Cette stratégie commune pour une sidérurgie européenne à l'agonie « représentera un test crucial de la volonté effective de l'Europe de changer certaines politiques pour inverser le processus de déclin qui a lieu dans ce secteur », a prévenu M. Tajani. Selon de premiers éléments donnés par le commissaire à la mi-mai, le plan d'action pour l'acier fournira un cadre que les États membres devront eux-mêmes remplir par les mesures qu'ils jugent appropriées. « Des États membres sont pour une intervention des pouvoirs publics, d'autres contre. Nous cherchons une voie intermédiaire », précisait-il, ajoutant que le plan établira un contexte général d'action et ne se concentrera pas sur certains pays ou régions. Jeudi, le président Barroso a promis que « la question de l'énergie sera un élément important » du plan d'action pour le secteur de l'acier, où la facture d'énergie représente jusqu'à 40% des coûts opérationnels totaux, a-t-il précisé.
Tacle de Barroso. M.Tajani a aussi insisté jeudi sur la nécessité de renforcer le rôle du Conseil Compétitivité et de plaider, lors du prochain Conseil européen consacré à l'industrie et le chômage des jeunes, en faveur de la réindustrialisation. « Si nous jouons un match au niveau de l'UE, la politique industrielle doit jouer un rôle clé dans les discussions sur la nouvelle gouvernance économique européenne », a-t-il insisté.
Soulignant le rôle du secteur secondaire dans la stratégie de croissance défendue par la Commission, le président Barroso a quant à lui adressé un blâme aux dirigeants européens. « Nous n'accroîtrons pas la confiance quand on voit les différents gouvernements adresser différents messages ou l'approfondissement de débats parfois totalement futiles, comme celui entre austérité et croissance. Cela n'est pas utile. Cela ne peut que diviser l'opinion publique et diminuer la confiance si importante aux yeux des investisseurs comme des consommateurs en vue de relancer l'économie européenne », a-t-il insisté.
Le chef de l'exécutif européen a appelé les Vingt-sept à se concentrer sur la restauration du crédit à l'économie. « Malgré le soutien massif fourni par les gouvernements et une politique monétaire favorable de la BCE, les conditions de crédit restent tendues et l'accès au financement est limité. Cela est particulièrement le cas dans les pays les plus touchés par la crise bancaire et de la dette souveraine, et même au-delà », a ajouté M. Barroso, sûr que les investisseurs croient au potentiel de croissance de l'économie européenne, qui attire selon lui 10 fois plus d'investissements en R&D des États-Unis que la Chine et l'Inde réunies. (EH)