Bruxelles, 03/05/2013 (Agence Europe) - Dans un rapport commun intitulé « Think global - Act European », publié en avril 2013, 16 think tanks européens (1) et plus de 40 experts appellent l'UE à se doter d'une « stratégie d'action extérieure plus intégrée » à long terme, et lui proposent dix recommandations.
Dans leur étude, ces think tanks mettent en avant la nécessité d'améliorer la cohérence entre les politiques internes et externes de l'UE, soulignant entre autres que les bénéfices du marché unique sont limités en raison du lent développement de la dimension externe des politiques internes de l'UE. Ils appellent à une coopération plus active entre la Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE), par exemple avec la création de task forces conjointes permettant la mise en commun de leurs expertises, instruments et ressources sur des questions spécifiques. Ils souhaitent que le commissaire à l'Élargissement et à la Politique de voisinage, après 2014, soit aussi adjoint du Haut représentant pour les Affaires étrangères.
Selon ces think tanks, l'UE devrait évoluer d'une attitude défensive envers le voisinage au développement d'intérêts communs. Ils veulent que la conditionnalité soit mieux contrôlée pour renforcer son efficacité, avec des critères mesurables, et un engagement plus profond avec la société civile des pays du voisinage. Ils souhaitent également que l'UE s'engage davantage avec les acteurs mondiaux tels que les Etats-Unis et la Chine et développe un engagement coopératif et proactif avec la Russie et la Turquie.
Les experts proposent aussi de s'occuper de la fragmentation de la gouvernance économique de l'UE et de sa représentation extérieure. « Augmenter les performances économiques de l'UE à l'étranger nécessite d'augmenter la voix de l'UE dans les affaires financières et macroéconomiques globales », expliquent-ils. Le développement d'une approche stratégique complète pour une croissance durable et un accès aux ressources stratégiques est aussi nécessaire selon eux.
Un accent est mis sur la migration, avec le « soutien à la migration légale », et la nécessité d' « aller au-delà d'un 'point de vue axé sur la sécurité' sur la migration et le développement d'une approche globale avec d'autres politiques de l'UE », avec l'élargissement du débat sur la migration à des questions sociales, économiques et environnementales.
Les experts s'intéressent aussi au domaine de la défense et des capacités militaires, souhaitant que l'UE conduise une révision de sa politique de défense, décrivant les priorités géostratégiques de l'UE, les menaces pour la sécurité européenne et les types de scénarios opérationnels que les gouvernements européens doivent préparer contre elles. Les gouvernements européens devraient voir comment ils comptent maintenir et développer des capacités militaires qui leur donnent l'agilité et l'autonomie dont ils ont besoin pour répondre aux crises et aux défis futurs, ajoutent les think tanks. (CG)