Bruxelles, 03/05/2013 (Agence Europe) - Afin d'éviter l'extinction de certaines espèces, les pays de l'UE devraient redoubler d'efforts et mettre pleinement en oeuvre la stratégie de l'UE pour la biodiversité à l'horizon 2020, selon une récente analyse de la Liste rouge européenne des espèces menacées, soutenue par la Commission européenne et coordonnée par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Selon cette étude rendue publique le 2 mai, c'est dans la région méditerranéenne, qui abrite la majorité de la biodiversité de l'Europe continentale, que l'on trouve la plus grande proportion d'espèces menacées dans l'UE. Et si des actions de conservation doivent être prises de toute urgence en Méditerranée, touts les États membres de l'UE sont appelés à prendre des mesures adéquates afin d'inverser la tendance actuelle au déclin des populations d'espèces pouvant conduire à leur extinction.
« Grâce à ses conditions bioclimatiques, la Méditerranée constitue un point chaud mondial de biodiversité abritant un grand nombre et une extraordinaire variété d'espèces. La survie d'un grand nombre de ces espèces est menacée parce que les activités humaines ont des impacts négatifs sur leurs habitats. C'est un défi de taille auquel les décideurs politiques européens doivent s'atteler », a déclaré Antonio Troya, directeur du Centre de Coopération pour la Méditerranée de l'UICN. Selon lui, la Liste rouge de l'UICN « peut être un précieux outil d'analyse des populations d'espèces pour mener une politique et des plans d'action efficaces à différents niveaux. »
L'étude présente la proportion des espèces menacées au niveau européen pour chaque État membre de l'UE. Elle ne fournit aucune information sur l'état des espèces au niveau national mais sur un niveau de menace par groupe d'espèces dans tout le continent, exception faite des territoires d'outre-mer.
L'Espagne, le Portugal et la Grèce sont les pays qui possèdent la plus grande proportion d'espèces en voie d'extinction et devraient agir de toute urgence. Sur les 2 032 espèces évaluées en Espagne, 21% sont considérées comme menacées au niveau européen. 15 % des 1 215 espèces européennes présentes au Portugal sont menacées, et il en va de même pour 14 % des 1 684 espèces européennes recensées en Grèce.
Sur la totalité des espèces évaluées jusqu'à présent, ce sont les espèces d'eau douce - notamment les poissons, les mollusques et les amphibiens - qui sont les plus menacées, avec des espèces particulièrement en danger, comme l'anguille d'Europe (Anguilla anguilla) et la moule perlière d'eau douce (Margaritifera margaritifera). L'état des mollusques, des libellules et des mammifères terrestres comme le vison d'Europe (Mustela lutreola) est de plus en plus préoccupant. Les espèces sont principalement menacées par la perte, la fragmentation et la détérioration de leur habitat, en grande partie imputable à l'expansion agricole et urbaine, à la construction de barrages et à la pollution des eaux .
« Les espèces peuvent être sauvées de l'extinction, mais cela nécessite à la fois des recherches approfondies et des efforts mieux coordonnés entre les États membres », affirme Ana Nieto, chargée de programme régional à l'UICN. Et de rappeler que « tous les chefs d'État et les gouvernements de l'UE se sont engagés à mettre un terme à la perte de la biodiversité et à la détérioration des services de l'écosystème pour 2020. De grands investissements pour la conservation sont demandés à ces pays et à l'UE pour atteindre ce but et assurer une amélioration de l'état des espèces européennes sur le long terme ».
La politique de conservation de la nature menée par l'UE est parmi l'une des plus avancées au monde. Les directives « Oiseaux » et « Habitats » ont permis le maintien et la survie de nombreuses espèces. "Le fait que la population de lynx ibériens (Lynx pardinus) soit passée de 94 individus en 2002 à 312 en 2011 dans le sud de l'Espagne l'illustre parfaitement. L'UE et les pays membres doivent continuer à agir pour protéger le précieux héritage naturel de l'Europe. L'UICN se tient prête à fournir les données scientifiques et à apporter son soutien pour le renforcement des efforts », souligne Simon Stuart, président de la Commission de sauvegarde des espèces de l'UICN.
La Liste rouge européenne donne un aperçu de l'état de conservation d'environ 6 000 espèces européennes (mammifères, reptiles, amphibiens, poissons d'eau douce, papillons, libellules, et certains groupes de coléoptères, de mollusques et de plantes vasculaires) sur la base des indications fournies par les Listes rouges régionales de l'UICN. Elle identifie les espèces menacées d'extinction au niveau régional afin qu'un plan de conservation adéquat puisse être mis en place. L'évaluation des pollinisateurs, des plantes médicinales, des oiseaux et des poissons marins est actuellement en cours. (AN)