Bruxelles, 03/05/2013 (Agence Europe) - La moitié des pays européens souffrent de surpopulation carcérale et, en 2011, les prisons européennes étaient exploitées au maximum de leurs capacités avec une moyenne de 99,5 détenus pour 100 places. C'est ce qui ressort d'un rapport du Conseil de l'Europe publié vendredi 3 mai.
Selon l'étude, une vingtaine de pays membres de l'organisation ( 47 pays au total) comptent d'ailleurs plus de prisonniers que de places disponibles, dont la France (113,4 prisonniers pour 100 places), la Belgique (127,2) ou encore la Hongrie (138,2). Le trio de tête est toutefois composé de la Serbie (157,6), de la Grèce (151,7) et de l'Italie (147).
« La surpopulation demeure un problème majeur, même si la population carcérale totale a légèrement diminué (de 2%) en 2011 », note le rapport. En septembre 2011, les établissements pénitentiaires européens comptaient 1 825 356 détenus, contre 1 861 246 en 2010. À l'inverse, le taux moyen de population carcérale en Europe s'est accru, passant de 149 à 154 détenus pour 100 000 habitants en 2011, car le nombre de détenus n'augmente pas et ne diminue pas de la même manière dans tous les pays. De nombreuses administrations pénitentiaires restent ainsi confrontées au problème de trouver des solutions pour lutter contre la surpopulation, poursuit l'étude.
Les personnes qui purgeaient une peine définitive en septembre 2011 avaient été condamnées essentiellement pour infraction à la législation sur les stupéfiants (17,5%), vol (17,5%), vol qualifié (12%) et homicide (12%). La durée moyenne de l'emprisonnement en 2010 était de neuf mois, celle de la détention provisoire de cinq mois.
L'âge moyen de la population carcérale européenne était par ailleurs de 33 ans et les femmes représentaient 5,3% du total des détenus. En moyenne, 21% des détenus étaient étrangers, mais il existait des écarts très importants: dans les pays d'Europe orientale, les étrangers représentaient rarement plus de 2% des détenus, alors que dans les pays d'Europe occidentale le chiffre dépassait généralement 30%. Quant à la mortalité moyenne, elle était de 28 décès pour 10 000 détenus ; le suicide était la cause du décès dans 24% des cas. (SP)