login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10837
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

La Commission propose de dynamiser l'aquaculture

Bruxelles, 29/04/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, lundi 29 avril, des 'orientations stratégiques' pour le développement durable de l'aquaculture dans l'Union européenne. Elles ont pour objectif d'aider les États membres à élaborer leurs propres objectifs nationaux de développement de l'aquaculture, en tenant compte de leurs situations de départ respectives, des conditions prévalant au niveau national et des dispositions institutionnelles.

Maria Damanaki, la commissaire à la Pêche, a indiqué en conférence de presse que l'écart entre le niveau de consommation de produits de la mer dans l'UE et le volume de captures provenant des pêcheries « ne cesse d'augmenter ». Ceci « à cause de la surpêche ». Or, la production d'aquaculture est en train de stagner. Aujourd'hui, 10% des produits de la mer consommés dans l'UE proviennent de l'aquaculture (25% des pêcheries et 65% d'importations originaires de pays tiers). En faisant passer cette part de 10 à 11% cela permettrait de créer entre 3 000 et 4 000 emplois. Chaque État membre disposera d'un plan national de développement de l'aquaculture.

L'aquaculture, mauvaise pour l'environnement ? Mme Damanaki répond que la production des mollusques et crustacés représente 50% de la production aquacole. Donc 50% de la production « n'a pas d'impact sur l'environnement ». En outre, « nous avons les règles sanitaires et environnementales les plus strictes au monde en matière d'aquaculture ». Elle admet que ce que nous importons des pays tiers a un impact très important sur l'environnement. « L'aquaculture est une alternative réelle à la surpêche », a souligné la commissaire. Il faut trouver de nouvelles méthodes pour nourrir les poissons d'aquaculture (à base d'algues ou d'autres sources d'alimentation). En outre, l'UE va mettre fin aux rejets. Une partie de la production qui ne peut pas être vendue pourra être utilisée pour les espèces carnivores de l'aquaculture, a précisé Mme Damanaki.

Orientations stratégiques

Chaque État membre est invité à indiquer dans le plan national pluriannuel l'objectif de croissance de son secteur aquacole (volume et valeur) pour la période couverte par le plan. Pour libérer le potentiel de l'aquaculture dans l'UE, la Commission identifie quatre domaines prioritaires.

Simplifier les procédures administratives. Les informations disponibles montrent que, dans certains pays de l'UE, l'investisseur doit atteindre trois ans avant d'obtenir une nouvelle licence d'exploitation dans l'aquaculture (le délai moyen en Norvège a été ramené à 6 mois). Il faut alléger les charges administratives. Les États membres sont encouragés à recueillir, d'ici à fin 2013, des informations sur le nombre de nouvelles autorisations accordées au cours de la période 2007-2013, le taux de réussite des demandes, les coûts des procédures d'autorisation, la durée moyenne d'une autorisation... Sur la base des données recueillies par les États membres, la Commission va recenser d'ici à l'été 2014 les meilleures pratiques et les possibilités d'amélioration.

Planification de l'espace coordonnée. La Commission rappelle que le manque d'espace, souvent cité comme un obstacle à l'expansion de l'aquaculture marine dans l'UE, peut être surmonté en recensant les sites les plus propices à l'aquaculture, étant donné que l'occupation actuelle de l'espace par les activités aquacoles, en surface et sur le littoral, semble limitée. Le recensement des zones se prêtant le mieux à l'aquaculture en eau douce contribuera à accroître la production, tout en valorisant les paysages, les habitats et la protection de la biodiversité, estime la Commission. Les États membres sont invités à mettre en place une planification de l'espace coordonnée, comprenant la planification de l'espace maritime au niveau des bassins maritimes. La Commission pourra suivre la mise en œuvre de la planification coordonnée de l'espace maritime (elle compte organiser un séminaire sur les meilleures pratiques durant l'été 2014).

Compétitivité renforcée. Les plans de production et de commercialisation, ainsi que l'observatoire des marchés de l'Union européenne, devraient aider les aquaculteurs à reconnaître les opportunités commerciales et à adapter leurs stratégies de commercialisation. La diversification de l'activité économique peut apporter des sources de revenus supplémentaires pour les exploitants. Par exemple, une combinaison avec la pêche à la ligne et le tourisme, ou l'internalisation de certaines activités en amont et en aval, peuvent créer des créneaux d'activité économique pour les aquaculteurs.

Largement répandue en particulier en Europe centrale et orientale, la pisciculture extensive en étangs favorise la biodiversité et offre d'importants services et perspectives commerciales. Les incidences des règles applicables aux régions riches en biodiversité comme les sites Natura 2000, la perte de revenus due à la protection de prédateurs tels que les cormorans, tout comme les engagements volontaires visant à protéger la biodiversité ou les eaux devraient être reconnus par les autorités publiques, selon le document de la Commission.

Conditions de concurrence équitables. Les normes strictes établies en matière d'environnement, de santé animale et de protection des consommateurs sont un des principaux avantages concurrentiels de l'aquaculture de l'UE et il convient donc de les exploiter plus efficacement afin de faire face à la concurrence sur les marchés. Les contrôles sanitaires actuellement appliqués aux produits de l'UE et d'importation garantissent un niveau élevé de sécurité alimentaire. De nouvelles dispositions en matière d'étiquetage, comme celles proposées dans le règlement de l'OCM (organisation commune de marché), peuvent contribuer à une meilleure différenciation des produits aquacoles de l'UE et les systèmes de certification volontaires peuvent également jouer un rôle dans ce contexte. Le développement de circuits alimentaires courts peut également conférer une valeur ajoutée de proximité à des produits locaux de grande qualité et extra-frais.

Selon la FAO, la production aquacole biologique en Europe a progressé de près de 30% par an entre 1998 et 2007. La Commission propose de veiller à ce que les règles d'étiquetage, notamment en ce qui concerne la fraîcheur, la provenance et le nom commercial du produit soient pleinement mises en œuvre. La Commission compte lancer d'ici à la fin 2013 une campagne de communication sur les atouts de l'aquaculture de l'UE.

En 2010, la valeur de la production aquacole de l'UE s'élevait à 3,1 milliards d'euros pour une production de 1,26 million de tonnes. Le marché des produits de la mer de l'UE est actuellement approvisionné par les pêcheries de l'UE (25%), par des importations (65%) et par l'aquaculture de l'UE (10%). La consommation apparente totale de l'UE des produits de la pêche et de l'aquaculture a atteint quelque 13,2 millions de tonnes. (LC)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES
INSTITUTIONNEL
ÉDUCATION
ACTION EXTÉRIEURE
CONSEIL DE L'EUROPE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°59
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE