Bruxelles, 29/04/2013 (Agence Europe) - Le souhait d'arrêter les négociations en vue de l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne devrait souder le Parti de l'indépendance, arrivé en tête, et le Parti du progrès, qui négocient une plateforme gouvernementale.
Samedi 27 avril, les électeurs islandais ont durement sanctionné le parti social-démocrate, qui avait lancé la candidature à l'UE en 2009, et fait campagne pour aller au bout du processus. Les vainqueurs, le Parti de l'indépendance (droite) et le Parti du progrès (centre), y ont toujours été hostiles. Le Parti de l'indépendance, arrivé en tête avec 26,7% des suffrages, a proposé durant la campagne d'organiser un référendum pour savoir s'il fallait continuer de négocier avec l'UE. Son probable partenaire, le Parti du progrès (24,3%), a simplement dit qu'il estimait que, dans l'intérêt du pays, il valait mieux rester en dehors de l'Union.
Les deux partis négocient une plateforme gouvernementale qui devrait inclure soit un projet de référendum, soit un arrêt pur et simple du processus d'adhésion.
Le conservateur Bjarni Benediktsson (seulement 43 ans), qui a réussi à surfer sur le mécontentement profond de l'opinion, est favori pour devenir le prochain Premier ministre d'Islande.
Peter Stano, le porte-parole du commissaire européen à l'Élargissement, Stefan Füle, a souligné lundi 29 avril que la Commission a pris « bonne note » des élections et félicite les gagnants. Le porte-parole a rappelé que des discussions sont en cours pour former un gouvernement, et n'a pas commenté les tendances européennes des partis.
Si les négociations avancent à un rythme soutenu (27 chapitres de négociation ont déjà été ouverts, 11 sont provisoirement fermés), certains chapitres, tels que la pêche et l'agriculture s'annoncent difficiles. Les Islandais souhaitent garder le contrôle total de leur politique dans ce secteur, plutôt que de se fondre dans un ensemble communautaire et négocier avec des pays qui, comme le Royaume-Uni ou l'Espagne, auraient intérêt à réduire les quotas islandais. L'Islande a pêché 1,15 million de tonnes de poisson en 2011, l'équivalent de plus d'un cinquième des prises des 27 pays de l'UE. Elle est engagée avec les 27 dans une 'guerre du maquereau', l'UE l'accusant de trop pêcher de cette espèce.
L'Islande est déjà intégrée dans l'Europe. Elle a un traité commercial avec l'UE, est membre de l'Association européenne de libre échange (AELE) et fait partie de l'espace Schengen. (LC et CG)