Bruxelles, 29/04/2013 (Agence Europe) - « Dans les instances européennes, nous allons définir les stratégies pour arriver à la croissance sans compromettre l'assainissement des finances publiques », voilà l'engagement que s'est fixé sur le plan européen le nouveau chef du gouvernement italien, Enrico Letta, dont l'équipe devra obtenir la confiance du parlement lundi 29 avril. Sur le plan intérieur, le nouveau Premier ministre se propose d'affronter des défis tels que la relance de l'emploi (surtout des jeunes), la révision de la loi électorale et du financement des partis ou encore la réforme de la taxe d'habitation (IMU), dont le parti de Silvio Berlusconi, seconde force de gouvernement, veut l'abolition pure et simple et le remboursement pour 2012, en faisant de cela une condition « sine qua non » de sa participation future au gouvernement.
En s'entourant de personnalités telles qu'Emma Bonino, ancienne commissaire européenne, aux Affaires étrangères, Fabrizio Saccomanni, ancien directeur de la Banque d'Italie et proche de Mario Draghi, à l'Économie, ou Enzo Moavero Milanesi, reconfirmé au portefeuille des Affaires européennes dont il était titulaire dans le gouvernement de Mario Monti, le nouveau Premier ministre veut rassurer ses partenaires européens.
Dans un discours exposant son programme, il a assuré que l'Italie respectera ses engagements envers l'UE, mais qu'elle espère aussi obtenir une plus grande marge de manœuvre dans ses négociations avec la Commission pour pouvoir financer des politiques de relance économique. Les deux axes de sa politique seront la promotion d'une croissance durable, à un moment où « l'Europe est en crise de légitimité et où les citoyens en ont le plus besoin » et « une plus grande intégration qui mène vers une Europe fédérale », a-t-il annoncé.
Sur le plan intérieur, il compte poursuivre les réformes entamées par le gouvernement Monti pour réduire la dette et les déficits, tout en en atténuant le plus possible les effets négatifs pour l'emploi. Il veut pour cela porter l'effort sur une réduction de la fiscalité sans endettement, une lutte sans failles contre l'évasion fiscale, tout en tempérant certains excès administratifs, et sur l'aide aux entreprises pour réduire le travail précaire, surtout des jeunes, en réduisant le coût du travail.
Enrico Letta a indiqué que ses premières visites à l'étranger seraient Bruxelles, Paris et Berlin, répondant à l'invitation d'Angela Merkel. Sa nomination a été saluée par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et par le secrétaire d'État américain, John Kerry, qui voit en lui un ami des États-Unis, « qui a montré un ferme engagement dans notre partenariat transatlantique ». (FG)