login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10833
Sommaire Publication complète Par article 32 / 36
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Maroc, négociations pour un accord commercial approfondi

Bruxelles, 23/04/2013 (Agence Europe) - L'UE et le Maroc qui ont entamé, concrètement, lundi à Rabat, leurs négociations commerciales comptent avancer à pas rapides pour la conclusion d'un accord de libre-échange approfondi et global (ALEAG). Ces discussions ouvrent la voie à la conclusion de nouveaux accords euro-méditerranéens.

« J'espère que les négociations avec le Maroc progresseront rapidement et encourageront d'autres partenaires dans le sud de la Méditerranée à entamer très prochainement des discussions similaires », a déclaré peu avant le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht. Rendez-vous est pris avec la Tunisie dans le courant du mois de mai, croit-on savoir.

Avec le Maroc, une seconde session serait déjà programmée avant l'été pour franchir rapidement les étapes devant permettre le passage en revue des divers sujets, tels que les services, les marchés publics, la protection des investissements, les règles en matière de concurrence, la propriété intellectuelle et pour définir des mesures de facilitation du commerce (procédures douanières, normes, barrières tarifaires et non tarifaires, notamment sanitaires, de protection de l'environnement, etc.). Cet accord ira « au-delà de la simple notion de libéralisation des échanges commerciaux et de suppression des droits de douane dans la mesure où il privilégiera une intégration économique plus étroite, une réduction des obstacles non tarifaires, une libéralisation du commerce des services et une protection accrue des investissements », a indiqué le commissaire européen au Voisinage, Stefan Füle, dans une récente interview à l'agence marocaine. Il réaffirme ainsi l'objectif défini en décembre 2011. Le Conseil des ministres avait alors donné son feu vert à des pourparlers sur un libre-échange approfondi et complet avec quatre pays de la région: le Maroc, l'Égypte, la Jordanie et la Tunisie et adopté les mandats de négociation ad hoc. Les négociations témoigneront de « l'engagement profond de l'UE en faveur du développement de ses échanges et de ses investissements avec ceux des partenaires (méditerranéens) qui choisissent la voie des réformes politiques et économiques », selon M. de Gucht.

Ces discussions contribueront aussi à définir le cadre des relations commerciales avec une région où le projet de « vaste zone de libre-échange multilatéral en 2010 » a fait long feu, donnant le sentiment que la priorité est désormais au bilatéral.

Il faudra aussi tenir compte des degrés d'ouverture des marchés avec ce qui est admis au sein de l'OMC (cela vaut notamment dans les services où les pays méditerranéens entendent ne pas faire de concessions au-delà de ce qui est défini à Genève). Il faudra tenir compte aussi du réseau de relations, notamment en vue d'une intégration régionale ou sous-régionale. Le Maroc offre en ce sens un cas d'exemple. En même temps qu'il s'offre à la libéralisation de ses échanges avec l'UE, le Maroc ouvre son marché au titre d'accords commerciaux avec d'autres pays ou ensembles commerciaux, surtout les États-Unis.

L'accord avec Washington, signé en juillet 2005 et approfondi en décembre 2012, présenté comme ayant une vocation exclusivement économique et commerciale, couvre tous les secteurs de l'activité économique, allant du commerce des biens, au commerce des services, à la propriété intellectuelle, aux questions sociales et environnementales.

Un accord a également été signé en 1997 avec l'Europe non communautaire (AELE), entré en vigueur le 1er mars 2000, qui prévoit un démantèlement progressif pour les échanges industriels sur 12 ans. En 2004, le Maroc s'est engagé avec la Turquie, dans la création progressive (en 10 ans) d'une zone de libre-échange industrielle. Cet accord est conçu comme une contribution au projet de grande zone de libre-échange normalement envisagée à l'horizon 2010 mais non réalisée à ce jour. Cependant, divers accords bilatéraux entre les pays de la région permettent de tisser un réseau de relations commerciales qui peuvent préfigurer cette intention. Dans le même esprit, et à titre multilatéral, le Maroc est membre de « l'Accord d'Agadir » qui prévoit la libéralisation des échanges « Sud-Sud » en Méditerranée, mais n'engageant à ce stade que le Maroc, la Tunisie, l'Égypte et la Jordanie. Lancé officiellement en 2008, cet accord, qui bénéficie de l'appui européen, semble être mis en veilleuse ou ne fonctionnant que de façon minimale, qui plus est dans un contexte politique régional incertain. Enfin, le pays est engagé dans le plan arabe pour la conception d'une « grande zone de libre-échange ». (FB)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°58