Dublin, 23/04/2013 (Agence Europe) - En dépit des progrès réalisés pour l'enrayer, la pollution atmosphérique en milieu urbain et son cortège de décès prématurés demeurent un défi urgent à relever par l'UE, avec le concours des autorités locales, mais aussi grâce à une coopération internationale accrue eu égard au caractère transfrontière des sources de pollution.
Les ministres de l'Environnement des 27 en sont tous convenus, lundi 22 avril, lors de leur réunion informelle à Dublin à l'occasion d'un échange de vues sur la politique de qualité de l'air et sa révision annoncée, agrémenté d'un échange d'expériences sur les capitales vertes européennes et les 'villes intelligentes (Smart cities). Mais plutôt que de fixer de nouveaux plafonds nationaux d'émissions pour les oxydes d'azote (NOx) et le dioxyde de soufre (NO2), c'est, selon eux, à la mise en œuvre de la législation existante qu'il convient de donner la priorité avec toute la flexibilité requise pour tenir compte des spécificités locales et des difficultés rencontrées par de nombreux États membres. La ratification par tous du Protocole de Göteborg révisé et une meilleure communication sur les coûts et bénéfices de la prévention de la pollution atmosphérique auprès des citoyens européens compléteraient utilement le dispositif, ont-ils estimé.
« Les ministres sont conscients que l'on peut faire plus. Beaucoup de critiques ont été émises sur la mise en œuvre de la législation actuelle, mais respectons la législation en vigueur avant de fixer de nouvelles limites. Des conclusions seront adoptées en fin d'année sous la présidence lituanienne », a résumé devant la presse Phil Hogan, ministre irlandais de l'Environnement, qui présidait la session.
La révision de la directive sur les plafonds nationaux d'émission, initialement prévue en 2010 aux termes mêmes de ce texte législatif, a été différée pour donner du temps aux États membres de se mettre en conformité, en vain, puisqu'à ce jour, la majorité des États membres enfreignent la législation de l'UE. La Commission européenne compte intégrer la révision de ces plafonds dans le cadre de sa proposition de révision de la politique de l'UE en matière de qualité de l'air qu'elle présentera à l'automne.
« D'après nos dernière estimations, 420 000 Européens sont décédés prématurément de la pollution de l'air en 2010 .C'est dans les villes que les défis locaux et européens se rejoignent. Cela veut dire qu'il faut exploiter le plein potentiel de la coopération internationale, à la fois au sein de l'UE et au-delà. Cela veut dire aussi qu'il faut que les régions et les villes coopèrent davantage », a souligné Janez Potocnik, commissaire européen à l'Environnement, lors du débat ministériel.
Au nombre des progrès réalisés, il a cité le problème des pluies acides quasiment enrayé, ce qui a stimulé l'innovation, les entreprises européennes étant devenue leaders mondiaux des technologies de réduction de la pollution. « L'enjeu de la qualité de l'air dans les villes asiatiques est tel que c'est un secteur avec un potentiel de croissance mondial. En d'autres termes, les objectifs chiffrés que nous avons fixés il y a de nombreuses années ont été efficaces. Mais les défis demeurent. Notre analyse montre que nous sommes encore loin de l'objectif de l'UE 'd'atteindre des niveaux de qualité de l'air qui ne donnent pas lieu à des impacts négatifs significatifs sur la santé humaine et l'environnement'. Jusqu'à présent, les États-Unis ont été les leaders mondiaux de la qualité de l'air. Il est temps que nous apprenions d'eux pour les rattraper. »
La révision poursuivra trois grands objectifs: 1) à court terme - à l'horizon 2020 au plus tard - être en conformité avec les politiques existantes de qualité de l'air et en cohérence avec le Protocole de Göteborg récemment révisé ; il faudra notamment une action européenne pour garantir que les normes EURO 6 pour le diesel apportent l'amélioration notable escomptée d'ici à 2017 au plus tard, selon la Commission ; 2) établir un objectif clair pour des réductions supplémentaires de la pollution à l'horizon 2025 ou 2030 ; de l'avis de Janez Potocnik, « la seule vision crédible c'est le 'Zéro impact', c'est-à-dire aucun effet sur la santé, plus d'eutrophisation et plus d'acidification » ; 3) une combinaison de mesures concrètes et efficaces pour atteindre cet objectif. C'est dans ce cadre que s'inscrira la révision de la directive sur les plafonds nationaux d'émissions avec de nouveaux plafonds pour 2025 ou 2030 complétée par des mesures de contrôle par source d'émission - les petites installations de combustion, l'agriculture, le transport maritime - selon une approche harmonisée au niveau européen. (AN)