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Bulletin Quotidien Europe N° 10833
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Accord sur le plan d'aide, Nicosie toujours amère

Bruxelles, 23/04/2014 (Agence Europe) - « Ce principe fondamental de l'UE » qu'est la solidarité « n'a pas été respecté » dans le cas de Chypre, a estimé le président chypriote, Nicos Anastasiades, lundi soir lors d'un discours prononcé à la Conférence des présidents des parlements nationaux qui se tenait sur l'île.

Nicosie a souvent fait valoir que l'exposition de son économie à la crise grecque l'avait propulsée dans le désarroi qui l'a contrainte à demander l'aide de l'UE. Sans demander de faveurs, l'île avait en tête de recevoir « un traitement juste et équitable, basé sur les mêmes termes et conditions que ceux qui ont été d'application pour nos partenaires européens dans le besoin (…): la solidarité ». M. Anastasiades a, par ailleurs, dénoncé des décisions « prises à l'avance par les parties intéressées et imposées par la force ». « Chypre a été traitée comme un cobaye pour tester une théorie économique qui consiste à imposer une ponction sur les dépôts et évaluer les répercussions qui s'ensuivent », a-t-il poursuivi.

Dans le cadre de l'accord passé avec l'Eurozone, les détenteurs de comptes supérieurs à 100 000 euros subiront de lourdes pertes en participation à la recapitalisation de la première banque du pays, la Bank of Cyprus (BoC). La seconde banque, Laiki, a quant à elle été liquidée, ses actifs solvables étant transférés à BoC.

La semaine dernière, le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, avait justifié l'action des Européens dans une audition au Parlement européen (EUROPE n° 10829). « Comme le temps était compté, le scénario d'un ajustement économique plus graduel ne figurait plus dans nos cartes. L'état des banques se détériorait rapidement. Il est vite devenu clair que la seconde banque du pays, Laiki, devait être liquidée immédiatement. » Il avait souligné le risque d'un effondrement de tout le système bancaire si ces décisions n'avaient pas été prises. Et d'ajouter: « J'espère sincèrement que ce précédent à Chypre ne va pas être mis en application ailleurs en Europe, bien que, nous le savons tous, la principale raison d'être d'un précédent est de servir à établir des normes et des règles qui seront appliquées à maintes reprises et de manière universelle. »

Lundi, la Banque centrale chypriote a annoncé que les comptes des associations caritatives, écoles privées et compagnies d'assurances de la BoC seraient également mis à contribution, via une ponction de 27,5%. Face à cette mesure sans précédent, et par crainte d'une ruée aux guichets, des mesures exceptionnelles de restriction des mouvements des capitaux ont été prises. Le ministre chypriote des Finances, Harris Georgiades, s'est déclaré « plutôt confiant que ces mesures temporaires ne (seraient) plus nécessaires dans les prochains jours ou semaines », mardi dans une interview à Reuters.

Afin d'« alléger l'impact de l'accord de l'Eurogroupe » sur les couches les plus vulnérables de la population, M. Anastasiades a promis un éventail de mesures destinées à stimuler la croissance et la création d'emploi. À l'issue d'une rencontre lundi entre les deux hommes, le président du PE, Martin Schulz, lui a souligné l'importance de mesures à court terme afin de relancer l'économie. Il a promis de discuter de ces mesures avec la BEI, en prenant en compte l'importance des PME sur l'île.

Poursuite des ratifications nationales. Après l'Allemagne et la Finlande la semaine dernière (EUROPE n° 10830), l'Autriche a donné son feu vert, lundi, au plan de sauvetage chypriote. Les Pays-Bas devaient se prononcer mardi. Le parlement chypriote doit également donner son aval à l'accord passé avec les bailleurs de fonds. « Je pense que le parlement admettra qu'il n'y a pas d'alternative à ce stade », a positivé M. Georgiades. Les partis d'opposition chypriotes s'opposent à l'accord, mais le gouvernement jouit d'une courte majorité au parlement national. Le premier versement d'une tranche d'aide par le Mécanisme européen de stabilité (MES) est prévu aux alentours de la mi-mai. (EL)

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