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Bulletin Quotidien Europe N° 10821
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Les pouvoirs publics martèlent un message positif

Bruxelles, 05/04/2013 (Agence Europe) - L'économie chypriote a devant elle « une route difficile », mais elle n'en a pas pour autant perdu ses « excellentes perspectives », a estimé le nouveau ministre chypriote des Finances, Harris Georgiades, jeudi soir dans une interview accordée à la chaîne CNN.

Il a notamment cité la taxation des sociétés à un niveau toujours bas sur l'île ainsi que ses atouts en matière de tourisme. Il a jugé que l'accord passé sur le plan d'assistance financière avec la zone euro n'avait pas pour but de détruire l'économie chypriote mais plutôt d'en améliorer les « fondations ». Quant à la confiance qui peut sembler atteinte, notamment à cause des pertes que vont subir les déposants et actionnaires des deux principales banques, l'île peut la restaurer grâce à « une mise en œuvre décisive des mesures » du protocole d'accord, a indiqué l'ancien ministre chypriote du Travail.

Cette année, la récession devrait être plus sévère que prévu, a indiqué le porte-parole du gouvernement chypriote, Christos Stylianides, jeudi sur CyBC. « En 2014, la récession pourrait ne pas être de 8,7% comme prévu. Elle pourrait atteindre 13%. » Inquiets pour leurs fonds de pensions et leurs emplois, des centaines de salariés de banques ont manifesté devant le parlement chypriote, jeudi à Nicosie, certains brandissant des pancartes exigeant une sortie de la zone euro. « Ce n'est pas une option pour Chypre », a rétorqué M. Georgiades, ajoutant que l'île ferait « tout ce qu'il faut pour mettre sa maison en ordre » et éviter ce scénario. M. Stylianides a pour sa part assuré que Nicosie pouvait « créer les conditions pour renouer avec la croissance plus vite que ce que la 'troïka' prévoit ». Et d'ajouter qu'avec une mise en œuvre ferme des mesures, l'île pourrait apercevoir un tournant dès 2014. Dans ses prévisions d'hiver établies avant l'accord sur le plan d'aide, la Commission européenne prévoit pourtant que la récession se prolongera en 2014.

Les Dix-sept se penchent sur le mémorandum. Le groupe de travail sur l'euro du Conseil de l'UE a planché, jeudi et vendredi à Bruxelles, sur l'accord passé en début de semaine entre la 'troïka' et les autorités chypriotes. Le cas de Chypre sera évoqué à l'Eurogroupe informel du vendredi 12 avril à Dublin, et les parlements nationaux qui le requièrent devront donner leur feu vert au plan d'aide avant la fin du mois d'avril. Le premier décaissement du Mécanisme européen de Stabilité (MES) est attendu pour début mai.

Concernant le protocole d'accord, le porte-parole du gouvernement chypriote a affirmé mercredi que le Président, Nicos Anastasiades, tentait d'y inclure une clause qui permettrait à l'île de se défaire du joug de la MES aussitôt remboursés les fonds empruntés. Interrogée, la Commission n'a fait aucun commentaire.

Un achat massif d'obligations grecques injustifié. Une enquête en cours menée par Alvarez and Marsal aurait révélé qu'il n'y avait aucune justification ou raison claire dans la décision de la Bank of Cyprus (BoC), sauvée de justesse dans le plan d'aide, d'accumuler pour 2,4 milliards d'euros de titres de dette grecque, selon le Cyprus Mail. La BoC a perdu 1,9 milliard sur les 4,5 milliards d'euros que le secteur bancaire a effacé lors de la restructuration de la dette grecque au printemps dernier. Selon le rapport, la stratégie poursuivie dans l'achat de ces obligations visait à générer le plus possible de revenus d'intérêts nets. La Banque centrale chypriote, qui a commandité cet examen il y a quelques mois, ferait également la lumière sur les achats d'obligations grecques de la banque Laiki, en cours de liquidation.

Les pertes imposées aux déposants et aux actionnaires dans le plan de sauvetage chypriote ont obligé Chypre à instaurer des mesures inédites de restriction des capitaux. « Bientôt ces mesures temporaires seront derrière nous », a promis M. Georgiades, sans donner un calendrier précis. Il a rappelé que ces mesures avaient déjà été assouplies, notamment via quatre décrets signés jeudi.

Moscou silencieuse. Selon une source chypriote, la Russie n'aurait pas encore donné de nouvelles à Nicosie sur l'assouplissement des termes du prêt de 2,5 milliards d'euros accordé en 2011. Nicosie espère obtenir un rabais sur les taux d'intérêts fixés ainsi qu'une prolongation du temps de remboursement. (EL)

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