Bruxelles, 05/04/2013 (Agence Europe) - La mission européenne de conseil et de formation pour l'armée malienne (EUTM Mali) a entamé, mercredi 3 avril, les premiers cours destinés à quelque 668 soldats. À l'heure où l'opération française 'Serval' se prépare progressivement à se désengager en partie du Mali, l'UE commence à donner un nouveau visage à l'intervention de la communauté internationale dans ce pays qui a été secoué par un conflit ouvert, à facettes multiples, depuis le début du mois de janvier 2013.
Le commandant d'EUTM Mali, le général français François Lecointre, n'a jamais caché l'ampleur du défi qui se pose devant lui. Il s'agit de reconstruire une armée nationale, qui s'est littéralement effondrée en peu de temps face à la percée islamiste du Nord. Point donc de surprise, à ce que les premiers bénéficiaires de la formation européenne, un bataillon malien, reçoivent tout d'abord un entraînement des plus basiques (maniement des armes), réparti en un cursus de trois semaines.
L'effectif de la mission devrait atteindre 549 personnes, en grande majorité militaires, dont 196 formateurs, provenant de sept États membres. Devrait, car si la mission a effectivement débuté, elle n'est pas encore au complet. 416 Européens sont aujourd'hui sur place, dont 105 formateurs. D'un soutien symbolique (un Luxembourgeois, un Roumain et un Portugais) à un engagement lourd (207 Français), 23 États membres y participent au total. Le vide actuel devrait être en grande partie comblé aux alentours du 13 avril, avec le déploiement d'instructeurs spécialisés et de soldats espagnols chargés, aux côtés d'une compagnie de l'armée française, de la protection du camp de formation à Koulikoro.
Si quelques difficultés sont encore à noter, notamment sur le plan logistique (véhicules, moyens de communication et tentes climatisées pour l'armée malienne), la mission européenne a été lancée comme prévu, avec cet objectif de former au final 3 000 soldats maliens. Ces derniers seront amenés, dans les prochains mois, à soutenir les opérations françaises dans le nord du Mali, prendre la relève et assurer la sécurité en vue des élections à venir (peut-être en juillet). Le mandat initial de la mission est de 15 mois. (JK)