Bruxelles, 05/04/2013 (Agence Europe) - Les spéculations allaient bon train, vendredi 5 avril, sur la publication du verdict de la Cour constitutionnelle portugaise relative à certaines mesures du projet de budget 2013 présenté en janvier par le gouvernement de Pedro Passos Coelho (EUROPE n° 10758).
Contesté par le président portugais Anibal Cavaco Silva lui-même, ce projet de budget prévoit 5,3 milliards d'euros d'économies, dont 4 milliards de hausses d'impôts. Les recours déposés visent notamment la suppression du 14ème mois de salaire pour les fonctionnaires et les retraités et la création d'une taxe de solidarité appliquée aux retraites supérieures à 1 350 euros. Les montants en jeu oscillent dans une fourchette allant de 400 millions à près de 2 milliards d'euros.
Dès que le verdict de la Cour constitutionnelle tombera, le gouvernement portugais prendra position sur la marche budgétaire à suivre. La Commission européenne devrait également se prononcer sur les efforts supplémentaires potentiels que Lisbonne pourrait être appelée à effectuer.
Dans l'attente du verdict, le taux d'intérêt sur la dette portugaise à 10 ans avait recommencé à augmenter, vendredi, traduisant une crainte des marchés. Confronté à une récession plus aigüe que prévu, le Portugal a obtenu, mi-mars, un répit supplémentaire dans le respect de ses obligations budgétaires. La trajectoire à respecter pour la réduction du déficit public est désormais la suivante: 5,5% du PIB en 2013, 4% en 2014 et 2,5% en 2015. En 2012, le déficit s'est établi à 4,9%. Dans ses prévisions d'hiver, la Commission prévoit que la récession au Portugal s'élève à 1,9% du PIB en 2013, après une chute de 3,2% en 2012.
Faible marge de manœuvre politique. Face à une population de plus en plus hostile à voir son niveau de vie baisser, la marge de manœuvre du gouvernement est faible. Le consensus politique, à travers lequel l'opposition socialiste ne s'opposait pas frontalement à la mise en œuvre du programme d'ajustement économique appliqué en échange de l'aide financière internationale, a volé en éclat. Majoritaire au parlement, le parti de centre-droit a rejeté, cette semaine, la motion de censure déposée par le parti socialiste. Jeudi, le ministre très influent des Affaires parlementaires, Miguel Rivas, a été contraint à la démission pour une question de diplôme universitaire obtenu en infraction aux règles. (MB)