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Bulletin Quotidien Europe N° 10813
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Les Européens toujours désunis sur la question de l'embargo

Dublin, 22/03/2013 (Agence Europe) - Les Européens semblaient toujours désunis, vendredi 22 mars, à leur arrivée au Conseil Affaires étrangères informel à Dublin. Si le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a parlé de lever l'embargo, le Britannique William Hague a, lui, plusieurs fois employé le terme « amender » et l'Autrichien Michael Spindelegger s'est ouvertement exprimé contre sa levée.

À son arrivée, M. Fabius a précisé que la France souhaite discuter de la question de l'embargo pour « permettre aux résistants syriens de se défendre étant bien entendu que si l'embargo est levé il faudra que les armes livrées ne puissent pas tomber aux mains adverses, voilà la question ». Selon une source française, Paris souhaite lancer une discussion pour revoir l'embargo, sans forcément le lever, précisant que « tout dépend où l'on place le curseur » (au niveau des amendements). « La discussion va être étendue dans les prochaines semaines », a précisé M. Hague. Il a expliqué que la situation se détériorant sur le terrain, il faut « une levée de l'embargo fin mai (date de la fin de l'embargo) » ou de « sérieux amendements ». « Pour soutenir une solution politique, diplomatique, qui est essentielle pour la transition, nous allons devoir augmenter le soutien que nous donnons à l'opposition sur le terrain », a-t-il ajouté.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle toujours « réticent » à la levée de l'embargo sur les armes offensives, a souhaité une position commune. « Nous sommes tous des États souverains mais il serait plus utile d'avoir une position commune. Plus nous sommes unis, plus nous aurons d'influence », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il pense qu'une telle décision est possible. Il a précisé que si d'un côté l'UE a la responsabilité de soutenir l'opposition, de l'autre côté, elle doit éviter que les armes agressives arrivent entre de mauvaises mains. « Nous voulons soutenir les bonnes personnes, pas celles qui soutiennent les extrémistes », a expliqué M. Westerwelle. « Ce sont des choix très difficiles », a-t-il rappelé. Il a ajouté qu'il est en contact avec les Français, les Britanniques mais aussi les Américains.

Le fait que les armes puissent tomber entre de mauvaises mains inquiète aussi le ministre belge, Didier Reynders. « Il faut être très prudent pour éviter la prolifération, il y a beaucoup de groupes extrémistes », a-t-il expliqué. « Il y a une marge pour la discussion, à condition d'avoir un réel contrôle sur ce qui est livré » a-t-il ajouté précisant que « pour l'instant », « il n'y a pas de garanties sur la non prolifération ». Lors du Conseil européen, le président français, François Hollande, avait précisé avoir ces garanties (EUROPE n° 10807).

Par tweet, et alors qu'il ne s'est pas s'exprimé devant la presse, le Suédois Carl Bildt, dont le pays semble opposé à la levée, a précisé qu'il veut continuer à « faire prévaloir la priorité de la recherche d'un règlement politique ». « Ce que nous devons faire est de nous concentrer sur la recherche d'une solution politique (…) Ce que nous devons faire est de continuer à soutenir Lakdhar Brahimi », a plaidé l'Irlandais Eamon Gilmore, ajoutant que « la militarisation accrue ne serait certainement pas utile. Plus il y a d'armes qui rentrent en Syrie, plus il y aura de victimes ».

L'Autriche ouvertement opposée à la levée de l'embargo. Le ministre autrichien, Michael Spindelegger, est lui fermement opposé à la levée de l'embargo. « Je ne suis vraiment pas pour la levée de l'embargo sur les armes », a-t-il souligné, précisant qu'il n'y a pas besoin de plus d'armes mais d'une solution politique, et que les armes « ne font pas la paix ». « L'UE n'a pas été faite pour livrer des armes, il ne peut y avoir d'amendement à ce principe », aurait-il ajouté lors de la discussion entre ministres. M. Spindelegger a précisé avoir eu au téléphone le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon et que celui-ci partage son avis que lever l'embargo « n'est pas une très bonne idée ». (CG)

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