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Bulletin Quotidien Europe N° 10813
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Coopération, Barroso rêve d'un nouvel accord en 2014

Bruxelles, 22/03/2013 (Agence Europe) - Le chef de l'exécutif européen plaide pour une coopération accrue en dépit de divergences qui persistent entre Bruxelles et Moscou, notamment sur l'énergie.

Le président José Manuel Barroso s'est dit « très satisfait de l'esprit positif des discussions » qui ont animé l'édition 2013 de la réunion bisannuelle entre la Commission européenne et le gouvernement russe, les 21 et 22 mars à Moscou. « Elles sont un pas en avant dans la consolidation du partenariat stratégique entre l'UE et la Russie. Une coopération et un dialogue fructueux ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont le résultat d'une motivation conjointe, de consultations continues, du respect des engagements pris et de solutions qui demandent une ouverture d'esprit », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre russe, Dimitri Medvedev. Composée d'une quinzaine de commissaires, la délégation de l'exécutif européen a abordé deux jours durant l'ensemble des dossiers de la coopération bilatérale, incluant les négociations pour le nouvel accord de partenariat et de coopération, le commerce bilatéral, l'énergie, le transport et la mobilité.

La Commission et le gouvernement russe ont largement planché sur la question du futur accord de partenariat et de coopération, dont les négociations ont été lancées en 2008, et qui vise à remplacer le vieil accord de 1994, pour régir la coopération politique, les dialogues sectoriels et les relations commerciales et d'investissement entre l'UE et la Russie. M. Barroso a fait part de son souhait de conclure cet accord en 2014, et ainsi célébrer de la meilleure des façons le 20ème anniversaire de l'actuel accord de coopération.

Au chapitre commercial, source d'importantes tensions relatives au non respect par la Russie de certains engagements en matière de libéralisation, notamment à l'OMC, le président Barroso n'a pas manqué de rappeler diplomatiquement la Russie à l'ordre. « L'UE est de loin le plus grand partenaire commercial de la Russie, et la Russie est le troisième partenaire commercial de l'UE. En 2012, le volume total des échanges commerciaux bilatéraux a atteint 336 milliards d'euros et près de 75% des investissements directs étrangers en Russie sont européens. Il s'agit d'une relation très impressionnante, qui a continué de croître en dépit de la situation économique difficile. Comme vous le savez, l'UE a soutenu l'adhésion de la Russie à l'OMC, ce qui représente une avancée majeure dans ses efforts de diversification de son économie. Mais pour que cela se produise, il est essentiel qu'une mise en œuvre pleine et effective de tous les engagements soit conduite », a insisté le chef de l'exécutif européen, assurant Moscou de son soutien à la tête du G20. « Un commerce ouvert, des règles transparentes et le refus du protectionnisme font clairement partie de la réponse pour relancer la croissance mondiale », n'a toutefois pas oublié de préciser M. Barroso.

Au plan de la coopération énergétique, le président de la Commission s'est efforcé de désenvenimer la situation actuelle des relations bilatérales, notamment polluée par le refus de la Russie de se soustraire aux règles du 3ème paquet de libéralisation du marché intérieur de l'énergie de l'UE. « Nous partageons un intérêt conjoint à inscrire nos rapports dans un cadre transparent, ouvert et prévisible. Des tensions émergent, souvent dues à l'intensité de nos relations, mais nous manifestons toujours notre disposition à coopérer », a assuré M. Barroso. La Commission et l'administration russe ont en effet su surmonter leurs divergences pour parapher la feuille de route sur la coopération énergétique UE/Russie à l'horizon 2050.

Au chapitre politique, M. Barroso a souligné à ses hôtes russes l'importance du renforcement de la primauté du droit et des libertés fondamentales « pour une modernisation réussie ». « La modernisation ne réussit que si elle est adoptée et développée par la société civile elle-même. Et la société civile a besoin d'avoir les bonnes conditions pour s'épanouir et prospérer », a-t-il insisté. La commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a dénoncé vendredi le harcèlement opéré par Moscou sur les ONG russes de défense des droits de l'homme. « Pendant que nous rencontrions le gouvernement russe, les autorités ont mené des contrôles dans les locaux de plusieurs ONG sous de vagues justifications légales. Ce harcèlement doit cesser afin que les ONG puissent travailler librement », a-t-elle déploré sur son compte Twitter.

Sur le chapitre de la facilitation des visas, dont Mme Malmström est en charge côté européen, le président Barroso a averti la Russie qu'il n'y aurait pas d'avancée vers un régime de circulation sans visas sans progrès concernant la lutte contre la corruption, le blanchiment d'argent, la sécurité des données, et les droits de l'homme, dans un entretien au journal russe Kommersant. « Aujourd'hui, nous avons progressé dans nos discussions sur le nouveau régime de facilitation des visas et nous sommes près de parvenir à un accord. Il est important que nos ayons les bonnes conditions nécessaires à sa conclusion. Nous avons aussi eu une discussion franche et ouverte à ce sujet », a-t-il confirmé devant la presse vendredi. (EH)

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