Bruxelles, 22/03/2013 (Agence Europe) - Les pays qui sollicitent une échéance supplémentaire pour atteindre leurs objectifs budgétaires doivent avoir « une sacré bonne histoire » pour expliquer pourquoi ils manquent leur objectif initial, mais également « prouver qu'ils prendront les mesures supplémentaires nécessaires pour atteindre ces objectifs dans les années suivantes ». C'est ce qu'a estimé jeudi matin le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, lors d'un dialogue avec la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Concernant la France, qui a d'ores et déjà annoncé que son déficit dépasserait le seuil de 3% fixé pour 2013, M. Dijsselbloem a déclaré qu'elle serait « comme tout pays, jugée sur ces critères ». Le chef de file de l'Eurogroupe, également ministre des Finances des Pays-Bas, a répété que son pays ne serait également pas dans le cadre cette année, comme cela avait été annoncé fin février. Un nouveau train de réformes sera donc mis en place « pour limiter les dégâts », avait annoncé le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte. En présentant ses prévisions économiques d'hiver le 21 février dernier (EUROPE n° 10793), la Commission européenne avait ouvert une brèche sur la possibilité d'accorder plus de temps à certains pays. « Si la croissance se détériore de manière inattendue » et que le pays a fourni « l'effort budgétaire convenu » en termes structurels, c'est-à-dire débarrassé des effets de la conjoncture, alors les objectifs pourraient être assouplis, avait expliqué le commissaire Olli Rehn. Le Portugal, notamment, s'est vu tout récemment accorder une année supplémentaire pour ramener son déficit public sous la barre des 3% (EUROPE n° 10807).
M. Dijsselbloem s'est rangé du côté de la Commission européenne en insistant sur l'importance des réformes structurelles et de l'assainissement budgétaire pour générer de la croissance économique. Le Néerlandais a estimé que la zone euro arrivait à une période de relative stabilité. Il a ajouté qu'il travaillait aussi vite que possible, de concert avec ses homologues européens, pour créer de meilleures politiques macroéconomiques, citant notamment l'exemple du Mécanisme de supervision unique, qui a fait l'objet d'un accord formel à l'Écofin en décembre après seulement une demi année de négociations (EUROPE n°10751). Devant des députés européens critiques, M. Dijsselbloem a également défendu l'accord intervenu pendant le week-end sur Chypre (EUROPE n° 10812). (EL)