Bruxelles, 22/03/2013 (Agence Europe) - Les low cost jouent carte blanche à propos de la transparence de leurs pratiques et de leur degré de sécurité. Surtout, ils contestent la suspension temporaire de l'ETS pour les intercontinentaux opérés par des compagnies non européennes. Interview de John Hanlon, secrétaire général de l'Association européenne des compagnies à bas coûts (ELFAA, dix membres dont Ryanair ou EasyJet). (Propos recueillis par MD)
(AE) Quel regard portez-vous sur les derniers développements du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (ETS) appliqué à l'aviation?
John Hanlon (JH): Nous sommes très mécontents de la dérogation proposée à propos de l'ETS. Nous pensons que c'est illégal. Si elle est adoptée, nous allons entamer une procédure en justice devant un tribunal national. Nous n'avons pas encore identifié dans quel pays nous allons entamer les poursuites, cela pourrait être au Royaume-Uni. Nous pourrions aussi approcher la Cour de justice de l'UE. Nous soutenions l'ETS comme nous pensions qu'il s'agissait du meilleur mécanisme basé sur le marché pour soutenir nos efforts pour réduire notre impact sur l'environnement, tout en nous permettant de croître, mais de façon durable. Nous soutenons cela seulement si c'est efficace d'un point de vue environnemental. Mais 80%, voire plus, des émissions de l'aviation européenne proviennent des vols longs courriers. C'est essentiel qu'ils soient inclus. La Commission entend exclure les vols longue distance qui sont les premiers coupables.
(AE) Le Parlement manifeste régulièrement son intention de rendre les tarifs des réservations en ligne plus transparents et de réguler l'embarquement de bagages en cabine. Comment réagissez-vous ?
(JH): Sur ce dernier élément, le Parlement a été sous le coup du lobby des magasins hors taxes. Si les eurodéputés essaient de légiférer en la matière, ce serait au détriment du consommateur. Si vous emportez des sacs à la forme irrégulière (comme les achats duty free), c'est impossible de les accommoder avec tous les sacs à forme régulière pour cabine. C'est pourquoi, une de nos compagnies dit offrir à tout le monde d'emporter de plus gros sacs, mais souhaite les avoir de la même dimension pour les ranger de façon pratique. Il y a une résistance de la part des magasins hors taxe, qui veulent maximiser leur profit. Mais en matière de transparence de prix, c'est là qu'il faut regarder: en Europe il n'y a pas de hors taxe ! Quant à la tarification en ligne, nous pensons qu'il doit y avoir un énoncé clair de tous les services extras qui peuvent être achetés, vous devriez être capable de définir s'ils sont pour vous ou non. Je ne comprends pas pourquoi les gens trouvent que cela n'est pas clair. Peut-être parce que certains services sont inclus dans d'autres tarifs pour d'autres destinations, mais cela appartient vraiment au passé.
(AE) Quelles réponses apportez-vous aux doutes soulevés à propos de la sécurité des low cost (atterrissages forcés de Ryanair, témoignage de pilotes incités à embarquer le minimum de fuel) ?
(JH): La sécurité aérienne est une condition sine qua non pour tous les opérateurs. C'est en fait encore plus important pour un transporteur low cost. Si une compagnie à bas coûts a un accident, cela serait d'autant plus fatal que pour un transporteur bien établi quant à l'acceptation de cet accident. Les low cost sont très conscients de leur vulnérabilité à tout incident, ils sont d'autant plus attentifs à la sécurité que quiconque.