Bruxelles, 11/03/2013 (Agence Europe) - Après une analyse attentive, la Commission européenne a finalement autorisé, le 8 mars, la prise de contrôle exclusif par le géant public russe du pétrole et du gaz, Rosneft, de TNK-BP, troisième groupe pétrolier russe, détenu actuellement à 50% par BP et à 50% par des actionnaires russes (Alfa Petroleum Holding Ltd et OGIP Ventures Ltd.). De cette opération, annoncée en octobre dernier et notifiée à la Commission le 1er février, devrait naître le premier groupe pétrolier mondial.
Tenant compte des chevauchements des activités des deux entreprises dans la prospection, le développement et la commercialisation de pétrole brut et de gaz, ainsi que dans la fourniture de produits pétroliers raffinés, la Commission a examiné les effets potentiels de la concentration sur le développement, la production et la vente de pétrole brut, ainsi que ceux résultant de la relation verticale entre le développement, la production et la vente de pétrole brut, d'une part, et la fourniture de certains produits raffinés, de l'autre. Elle a conclu que l'entité résultant de la concentration restera confrontée à un certain nombre de concurrents forts et que ses clients garderont la possibilité de recourir à d'autres fournisseurs de pétrole brut. Elle a examiné en outre si Rosneft agit indépendamment de l'État russe ou s'il y a une potentielle coordination des comportements de différentes entreprises appartenant à l'État russe dans ce secteur. Cette question a été laissée ouverte, précise la Commission, dans la mesure où la concentration ne pose pas de problèmes de concurrence.
Avec cette opération, Rosneft, détenu actuellement à 75% par l'État russe, prend donc le contrôle à 100% de TNK en acquérant: - la part de 50% détenue par BP contre 17,1 milliard de dollars en numéraire et une participation de 12,84% à son capital (BP a l'intention de réinvestir 4,8 milliards de dollars pour acquérir 5,66% supplémentaires dans Rosneft) ; - les 50% restants détenus par les actionnaires russes contre 28 milliards de dollars au comptant. Il devient ainsi le premier groupe pétrolier mondial, avec une production de plus de 4 millions de barils par jour, devant l'américain ExxonMobil (2,3 millions b/j). (FG)