Bruxelles, 11/03/2013 (Agence Europe) - Le ministre français des Affaires étrangères a appelé, lundi 11 mars, à la levée de l'embargo sur les armes en Syrie. Tout en soulignant que « sur le plan politique et diplomatique il faut utiliser tous les canaux pour trouver une solution diplomatique », Laurent Fabius a précisé qu'il est « évident que la question de la levée de l'embargo sur les armes se pose de plus en plus », mettant en avant le déséquilibre entre le régime qui reçoit des armes « de l'Iran et de la Russie » et la coalition « qui ne dispose pas de ces mêmes armes ». « La question va devoir se reposer très vite, on ne peut pas admettre ce déséquilibre », a-t-il ajouté après un déjeuner avec l'envoyé spécial sur la Syrie, Lakhdar Brahimi, qui s'est plusieurs fois opposé à l'envoi d'armes.
Son homologue belge, Didier Reynders, a précisé qu'il y a « peut-être des pas à franchir dans les prochaines semaines ». « Nous sommes prêts à aller plus loin à condition de voir qui va utiliser les armes, contrôler l'utilisation sur le terrain, on n'est pas en train de se battre contre des djihadistes pour en armer d'autres en Syrie, il faut une vision claire de qui peut utiliser cela sur le terrain », a-t-il expliqué.
Mais pour le ministre suédois, Carl Bildt, la solution doit être politique. « Il n'y a pas de solution militaire pour avoir une Syrie stable », a-t-il souligné, précisant que cela risquerait de dévaster encore davantage la région. « Il devrait y avoir des personnes en Syrie et dans la coalition, l'opposition, pour se mettre autour de la table et essayer au moins d'arrêter les brutalités », a souligné son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn.
Pour Brahimi, l'UE a un rôle à jouer
De son côté, M. Brahimi a expliqué que les discussions avec les ministres et la Haute représentante ont porté sur « l'indispensable solution politique », et sur « ce que tout le monde doit faire pour la rendre possible ». « Je pense que l'UE a un rôle à jouer, avec les autres membres importants de la communauté internationale », a-t-il ajouté. Les ministres ont rappelé leur soutien à l'action de M. Brahimi. Ils ont discuté de la situation dans le pays, de l'impact sur les pays voisins et sur la communauté internationale, dont l'UE, en particulier dans ses relations avec la Russie. (CG)