Bruxelles, 11/03/2013 (Agence Europe) - Le premier ministre grec, Antonis Samaras, a réaffirmé son soutien à Chypre, lundi 11 mars, lors d'une rencontre à Athènes avec le nouveau président chypriote, Nicos Anastasiades. Les deux économies sont étroitement liées, comme l'a souligné M. Samaras, Chypre étant le « 4ème partenaire commercial » de la Grèce, avec plus de 27% du total des investissements grecs à destination de l'île. Les évolutions économiques chypriotes affectent donc « directement » la Grèce. Mettant en avant la « relation fraternelle » unissant les deux capitales, Athènes et Nicosie comptent mettre en place « une coordination dans le cadre d'une approche commune » pour émerger de la crise qui les frappe.
Les rumeurs du week-end faisaient état d'un agenda caché dans la visite de M. Anastasiades à son homologue grec. Selon le Financial Times, le président chypriote voulait demander à Athènes d'allouer une partie (2 milliards d'euros) de l'aide de l'Eurozone à la recapitalisation des banques grecques pour renflouer les banques chypriotes présentes sur le sol grec. Les banques chypriotes ont été durement affectées par la restructuration de la dette grecque au printemps dernier, perdant 4,5 milliards d'euros soit 25% du PIB de l'île dans l'opération. Cette opération a été mal gérée par le gouvernement précédent, a rappelé M. Anastasiades ce week-end au journal To Vima.
En janvier, le ministre grec des Finances avait estimé que le secteur bancaire grec n'aurait peut-être pas besoin de l'intégralité de la somme mobilisée pour la recapitalisation des institutions financières grecques (50 milliards d'euros). Interrogée sur la capacité d'Athènes à allouer l'argent reçu comme bon lui semble, la Commission européenne n'était pas en mesure de répondre lundi 11 dans l'après-midi.
Athènes n'a reçu « aucune requête spécifique » de la part de Nicosie pour une quelconque assistance dans la recapitalisation des banques chypriotes, a indiqué le porte-parole du gouvernement grec, Simos Kedikoglou, interrogé sur l'article du Financial Times. Selon une source chypriote, cette demande ne serait pas nouvelle et aurait été formulée pour la 1ère fois il y a cinq mois, Chypre essuyant un refus. Le processus n'est pas aisé. Cette demande, pour aboutir, doit recevoir le consentement de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) présente à Athènes et de la 'troïka' chargée de négocier avec Nicosie, ainsi que du gouvernement grec et de la Banque centrale de Grèce. Les autorités chypriotes auraient sollicité le soutien politique non officiel de la Grèce dans les négociations relatives au plan d'aide, selon l'AFP.
Et Moscou ? Les négociations avec les autorités russes se poursuivent pour obtenir une extension des maturités ainsi qu'une baisse des taux d'intérêts sur un prêt de 2,5 milliards d'euros accordé en 2011. M. Anastasiades pourrait se rendre à Moscou prochainement afin de faire avancer les discussions. Quant à une contribution additionnelle, elle pourrait se faire si la Russie obtient le même statut de créancier que celui dont jouit le FMI, selon une source bien informée.
Un Eurogroupe cette semaine ? Si les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro tiendront un Sommet jeudi soir, le cas de Chypre ne devrait pas y être abordé, a indiqué une autre source. En revanche, la tenue d'un Eurogroupe exceptionnel ce vendredi serait fort probable afin que la zone euro soit en mesure de boucler le plan de sauvetage chypriote avant la fin du mois de mars. (EL)