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Bulletin Quotidien Europe N° 10803
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) cosmÉtiques

L'UE va doper la recherche sur des alternatives à l'expérimentation animale

Bruxelles, 11/03/2013 (Agence Europe) - L'interdiction totale de commercialiser dans l'UE tout produit ou ingrédient cosmétique ayant été testé sur les animaux est entrée en vigueur lundi 11 mars dans l'Union européenne (EUROPE n° 10802), a confirmé la Commission, et cette interdiction ira de pair avec la poursuite des efforts pour promouvoir la recherche sur des méthodes de substitution, dans l'UE et dans la coopération avec les pays tiers, a-t-elle expliqué dans une communication adoptée le même jour. « Il s'agit d'un signal fort de l'attachement européen au bien-être animal. La Commission entend continuer de soutenir la mise au point de méthodes de substitution à l'expérimentation animale et encourager les pays tiers à imiter l'Union européenne », a souligné Tonio Borg, commissaire européen à la Santé et la Politique des consommateurs, convaincu que l'interdiction totale a « le potentiel d'accélérer la mise au point de ces méthodes alternatives » auxquelles 214 millions d'euros ont déjà été consacrés au cours des 5 dernières années. Il voit dans cette avancée « un exemple d'innovation responsable sans le moindre compromis sur la sécurité des consommateurs ».

Depuis 2004, les essais sur les animaux sont déjà interdits pour les produits cosmétiques au titre de la directive 2003/15/CE. Depuis 2009, ils le sont également pour les ingrédients cosmétiques, et une interdiction de mise sur le marché frappait les cosmétiques ayant fait l'objet d'essais sur les animaux, à l'exception des tests les plus complexes. L'interdiction totale est donc l'apogée d'un processus. « Nous avons commencé à travailler il y a vingt ans en vue de mettre fin à l'expérimentation animale. La communication d'aujourd'hui confirme qu'il n'y aura pas de report sur la date butoir. La décision n'a pas été facile à prendre car le remplacement total des tests sur les animaux par des méthodes alternatives n'est pas encore possible. Il y aura un impact sur la disponibilité des ingrédients cosmétiques », a expliqué à la presse Sabine Lecrenier, chef d'Unité 'Produits cosmétiques et dispositifs médicaux' à la DG SANCO de la Commission. La stratégie de la Commission européenne est désormais de veiller à la mise en œuvre de l'interdiction totale et de mettre le paquet sur la recherche et la validation de nouvelles méthodes en faisant de l'approche européenne un élément essentiel de la coopération internationale. Et d'ajouter: « Nous ne pouvons imposer à la Chine et aux États-Unis d'interdire les essais sur les animaux, mais pour démontrer la sécurité d'un produit mis sur le marché en Europe, il faudra le faire par des méthodes alternatives ou par l'utilisation de données de tests réalisés avant 2013. » En revanche, si un essai sur animaux a été fait pour tester un ingrédient conformément à la législation pharmaceutique européenne ou américaine qui autorise ce type d'essai pour les médicaments, les données pourront être utilisées et l'ingrédient commercialisé en toute légalité. La Commission est en contact avec les pays tiers pour faire accepter les méthodes alternatives et certains pays pourraient adopter cette approche. « Des signaux positifs ont été émis par Israël et l'Inde. Et ce matin une grande firme japonaise a annoncé qu'elle renoncerait aux essais sur les animaux à partir du mois prochain », a indiqué Mme Lecrenier.

Pour les défenseurs du bien-être animal, « le 11 mars 2013 est à marquer d'une pierre blanche. Nous sommes vraiment heureux qu'après plus de 20 ans de mobilisation, une interdiction soit imposée pour garantir qu'aucun animal ne souffrira plus pour les nouveaux cosmétiques vendus dans l'UE », commente Michelle Thew, directrice exécutive de Cruelty Free International. (AN)

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