Bruxelles, 11/03/2013 (Agence Europe) - Malgré la multiplication des accords bilatéraux entre les Vingt-sept et certains pays du bloc asiatique, l'UE et l'ASEAN ne perdent pas de vue un accord de bloc à bloc.
Réunis en format ministériel le 8 mars à Hanoï, l'UE et les pays de l'ASEAN (Birmanie/Myanmar, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) ont réaffirmé leur engagement à renforcer leur coopération économique et commerciale, incluant la possibilité de reprendre leurs négociations de libre-échange de bloc à bloc, interrompues en 2009, une fois achevée l'intégration des dix nations du sud-est asiatique au sein de la communauté économique ASEAN, d'ici fin 2015.
Lancées en 2007 par le prédécesseur de l'actuel commissaire au Commerce Karel De Gucht, Peter Mandelson, les négociations de bloc à bloc avaient à l'époque dû faire face à deux écueils majeurs, d'une part l'hétérogénéité du bloc du sud-est asiatique en termes de développement économique, qui avait de facto exclu de la négociation la Birmanie/Myanmar, le Cambodge et le Laos qui, en tant que pays moins avancés (PMA), jouissent de l'initiative 'Tout sauf les armes' dans le cadre des préférences généralisées de l'UE et d'autre part la situation politique en Birmanie, alors sous le joug de la junte militaire.
Après le gel des négociations de bloc à bloc en 2009, l'UE et les économies les plus dynamiques de la zone ont décidé de négocier des accords de libre-échange à titre individuel. L'UE a déjà conclu un accord avec Singapour fin 2012, poursuit ses négociations avec la Malaise et le Vietnam, et a lancé des pourparlers avec la Thaïlande. Des négociations sont aussi à l'étude avec l'Indonésie et les Philippines. L'UE a apporté son soutien à la récente adhésion du Laos à l'OMC et a récompensé la Birmanie pour ses réformes politiques en levant toutes ses sanctions économiques excepté l'embargo sur les armes.
Vendredi, M. De Gucht et ses homologues du bloc ASEAN ont convenu d'étudier la possibilité de reprendre les négociations de région à région en 2016, parallèlement aux négociations en cours pour des accords bilatéraux de bloc à pays. « Notre but ultime reste un accord de région à région avec l'ASEAN dans son ensemble », a réaffirmé le commissaire. Un tel accord devra couvrir les biens et services, inclure les barrières non tarifaires, l'investissement, les marchés publics et la propriété intellectuelle.
En dépit du ralentissement économique mondial, les échanges entre l'UE et l'ASEAN ont nettement progressé pour atteindre 235 milliards de dollars en 2011, en hausse de 12% par rapport à 2010. L'UE est le troisième partenaire commercial du bloc asiatique, après la Chine et le Japon. En revanche, l'UE reste de loin le plus important investisseur dans la région, avec 18,2 milliards de dollars d'IDE réalisés en 2011. (EH)