Bruxelles, 04/03/2013 (Agence Europe) - Le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a fait part, le 2 mars, de sa déception concernant la décision de la majorité au pouvoir en Albanie d'organiser un référendum sur l'approbation des deux projets de loi et des règles de procédure parlementaire, nécessaires pour que l'UE octroie à Tirana le statut de candidat, sans l'avis de l'opposition. « J'ai, à plusieurs reprises, souligné que les lois, et en particulier les règles de procédure, doivent être approuvées par consensus entre l'opposition et le gouvernement. Il est donc difficile de comprendre ce qui va à l'encontre des décisions de l'esprit d'inclusivité », a-t-il expliqué dans un communiqué. Le commissaire a ajouté que, dans ce cas, l'option du référendum « n'est pas la manière dont le consensus entre les partis se construit. Cela ne peut pas être un moyen de contourner le manque de dialogue et de coopération constructive entre le gouvernement et l'opposition concernant l'agenda européen. Ce n'est pas la façon de répondre aux conditions requises ».
M. Füle a vivement encouragé tous les responsables politiques à trouver un accord sur la façon de procéder à l'achèvement des mesures clés, rappelant qu'il a, à plusieurs reprises, expliqué que le processus doit être « durable, motivé et axé sur le consensus » et que « seul un dialogue politique constructif peut faire avancer les réformes nécessaires ».
La commission parlementaire des lois du parlement albanais a adopté le 1er mars, avec uniquement les voix de la majorité au pouvoir, une demande sur la tenue d'un référendum sur l'approbation de ces trois projets de lois, alors que l'opposition a boycotté la réunion. Le Premier ministre, Sali Berisha, et la présidente du Parlement, Jozefina Topalli, ont été les premiers à signer la demande de référendum. Le président du groupe parlementaire socialiste, Gramoz Ruçi, a contesté l'inclusion d'une initiative parrainée par le gouvernement, précisant que cette initiative est « illégale ». Ces trois textes, qui nécessitent la majorité qualifiée, étaient jusqu'alors bloqués au parlement. (CG)