Bruxelles, 04/03/2013 (Agence Europe) - L'Allemagne se remet sur les rails pour la mise en œuvre de l'ERTMS, le système européen de gestion ferroviaire, après avoir laissé planer un doute sur ses engagements. Une bonne nouvelle pour l'harmonisation des systèmes nationaux et l'établissement d'un espace ferroviaire unique européen.
Berlin a fait marche arrière et renonce à mettre en place le « Specific Transmission Module » comme alternative à l'ERTMS. Si le pays avait poursuivi dans cette voie, les efforts européens pour mettre fin au patchwork de systèmes nationaux de gestion du trafic auraient été vains. De nombreux États membres, ainsi que la Suisse, ont déjà massivement investi pour déployer l'ERTMS sur leur réseau ferroviaire.
Il y a près d'un an, le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, avait personnellement insisté auprès du gouvernement allemand pour qu'il maintienne ses engagements et ne se dirige pas vers une option alternative (EUROPE n° 10596). Or il y a quelques semaines, les autorités allemandes ont fait savoir aux services de la Commission leur décision de poursuivre les travaux en vue de l'installation de l'ERTMS sur leur réseau. Il n'y a pas encore eu d'annonce formelle ni d'informations à propos d'un plan détaillé de mise en œuvre le long des corridors (qui devait être remis en décembre 2012) à l'horizon 2015. Toutefois, cette décision allemande est gage de succès pour le déploiement de l'ERTMS dans toute l'Union.
Le porte-parole des Verts au Parlement européen, Michael Cramer (allemand), a salué la nouvelle, résumant que « si l'Allemagne avait ignoré ses obligations légales, le processus d'interopérabilité en Europe aurait été compromis ». Par conséquent, il estime que « le changement de direction annoncé envoie un signal fort au reste de l'Union: en tant que plus grand État membre au cœur de l'UE, l'Allemagne assume finalement ses responsabilités particulières pour la création de l'espace ferroviaire unique ». Il n'échappe toutefois pas à M. Cramer que des « versions nationales » d'ERTMS coexistent. Seule une Agence ferroviaire européenne forte pourrait bel et bien mettre en place et contrôler de véritables standards européens, souligne le député. Un volet du quatrième paquet ferroviaire présenté en janvier dernier y est d'ailleurs dévolu. C'est l'eurodéputé Roberts Zile (CRE, letton) qui a été désigné rapporteur à ce sujet. (MD)