login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10798
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) chypre

Juncker, le cas chypriote est de nature systémique

Bruxelles, 04/03/2013 (Agence Europe) - « Si un État membre de la zone euro a un problème du type, de la nature et du volume des problèmes chypriotes, alors il faut considérer qu'il s'agit d'un cas systémique », a estimé le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, lors d'une interview exclusive accordée à EUROPE, lundi 4 mars.

Les propos de M. Juncker font écho aux déclarations du commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, qui mettait en garde ce week-end, dans les colonnes du Spiegel, contre une sortie de l'île de la zone euro.

Le cas de Chypre a été au centre des préoccupations des ministres des finances de la zone euro, lundi après-midi, même si aucune décision définitive n'était toutefois attendue sur un plan de sauvetage. « Nous allons rencontrer notre nouveau collègue chypriote », avait simplement déclaré le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, à son arrivée à Bruxelles.

Michael Sarris, qui a repris le portefeuille des Finances autrefois tenu par Vassos Shiarly, a mis ses homologues en garde contre les conséquences des rumeurs relatives à la mise à contribution potentielle des déposants pour rendre la dette de l'île viable. Le mois dernier, M. Dijsselbloem avait refusé d'écarter explicitement cette solution (EUROPE n° 10784).

Mais, le week-end dernier, M. Sarris avait révélé que ces rumeurs avaient provoqué « un retrait substantiel » des dépôts hors des banques chypriotes. Le président de l'Eurogroupe a estimé, lundi, que le plan d'aide devrait aborder ce risque. De son côté, le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a déclaré au Spiegel que la Commission n'entendait pas mettre « les épargnants » à contribution et s'est prononcé contre une décote des titres de dette chypriotes. Pour M. Juncker, il ne faudrait pas « aborder ce problème les yeux fermés ».

Lundi à l'Eurogroupe, les modalités de l'aide ne devaient pas faire l'objet de discussions, les Dix-sept concentrant leurs discussions, une fois de plus, « sur la lutte contre le blanchiment d'argent », selon le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici. Qualifiant le cas chypriote de « difficile », son homologue irlandais Michael Noonan a estimé qu'une enveloppe de « 17,5 milliards d'euros » couvrirait les besoins de l'État et des banques chypriotes.

Selon une source chypriote, M. Sarris a demandé à ses partenaires ce qui était concrètement attendu de son gouvernement pour boucler le plan de sauvetage. Une demande déjà formulée à la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), dimanche lors d'une rencontre à Bruxelles avec les autorités du pays. Si la question d'un audit en tant que tel n'est pas remise en question, Nicosie et ses partenaires européens seraient en désaccord sur qui doit le mener. L'Eurozone demande à Chypre de contracter une société privée, notamment pour aller plus vite. Nicosie préfère qu'un groupe constitué d'experts institutionnels et privés soit mis sur pied.

Malgré ces différends, le président de l'Eurogroupe s'est dit confiant qu'un accord interviendrait en mars. Le ministre allemand, Wolfgang Schaüble a pour sa part déclaré pendant le week-end qu'il refusait de boucler cet accord « dans la précipitation ». Soulignant la nécessité d'aboutir à un accord avant le mois d'avril, M. Juncker a estimé que l'on pouvait « être rapide sans être dans un mode de précipitation ». La Présidence irlandaise est favorable à un accord « plutôt rapide que tardif ». (EL)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°52
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE