Bruxelles, 07/02/2013 (Agence Europe) - Pourtant en bout de course, les travaux préparatoires pour des négociations UE/États-Unis prennent du retard. Mais l'ambition et la volonté politique restent de mise.
Initialement espérées pour la fin 2012, les recommandations finales du groupe d'experts en charge des travaux préparatoires menés depuis 2011 en vue de négociations de libre-échange entre l'UE et les États-Unis attendront encore un peu. La rencontre entre le commissaire Karel De Gucht et son homologue américain Ron Kirk, le 5 février à Washington, a permis de faire avancer les discussions, laissait-on entendre du côté de la Commission, jeudi 6 février. « De bons progrès ont été accomplis », jurait une source citée par l'AFP. Fin janvier, le commissaire De Gucht avait assuré que le rapport final était « prêt pour l'essentiel », précisant aller à Washington « pour discuter de quelques petits éléments et une dernière lecture ». « Essentiellement, nous sommes sur la même ligne », ajoutait-il. Ses services ont confirmé jeudi que la réunion « s'est bien passée ».
Le rapport intérimaire rendu en juin 2012 a clairement délimité le champ des négociations, qui incluront la libéralisation tarifaire pour les biens, la libéralisation du commerce des services, l'accès aux marchés publics, la convergence réglementaire, mais aussi les règles de concurrence, l'environnement et la propriété intellectuelle. Les tarifs douaniers sont déjà très bas, mais leur libéralisation totale permettrait des économies importantes compte tenu du volume des échanges bilatéraux, qui a atteint 450 milliards en 2011. Du côté des États-Unis, un accord permettrait de limiter partiellement la dégradation des échanges bilatéraux observée depuis le début des années 2000, qui plus est à son détriment, puisqu'ils ont enregistré un déficit en 2011, ayant exporté pour 184 milliards d'euros vers l'UE, contre 260 milliards d'importations depuis le Vieux continent. Et là, l'essentiel des enjeux porte sur des questions réglementaires. D'après une étude, d'un accord pourraient découler des gains de PIB combiné de 180 milliards d'euros sur 5 ans.
En quête de sources de croissance qui accompagnent la sortie de crise, Européens et Américains ne veulent toutefois pas s'embarquer dans des négociations interminables. Ceci explique le temps pris pour bien délimiter le champ de négociation d'un futur accord, pour s'assurer que des éléments de divergence ne fassent pas capoter l'ensemble de la négociation à un stade ultime. Lors des travaux préliminaires, Européens et Américains ont fait connaître leurs lignes rouges: OGM, poulets chlorés, clonage ou exception culturelle, du côté européen. L'agriculture, les biotechnologies, la convergence réglementaire dans le domaine sanitaire demanderont beaucoup d'efforts. Si les travaux préparatoires ont pris du retard, l'objectif reste de lancer les négociations d'ici fin juin, pour boucler un accord dans les 18 à 24 mois au mieux. Et la volonté politique et l'ambition restent de mise de part et d'autre de l'Atlantique, comme le prouvent les récentes sorties publiques du vice-président américain, Joe Biden, ou de la chancelière allemande, Angela Merkel. À la veille de la visite du commissaire De Gucht à Washington, l'UE avait aussi, en signe de bonne volonté, levé ses restrictions sur l'importation de porcs vivants et de carcasses de bœuf nettoyées avec de l'acide lactique. (EH)