Bruxelles, 07/02/2013 (Agence Europe) - Les députés européens, mais aussi le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, et la ministre irlandaise des Affaires européennes, Lucinda Creighton, au nom du Conseil, ont soutenu, lors d'un débat le 6 février, le processus de dialogue entre le gouvernement turc et la minorité kurde et appelé à des progrès.
Ria Oomen Ruijten, au nom du PPE, a précisé que « nous devons entamer des négociations très claires avec Abdullah Ocalan et le gouvernement pour arriver à une solution, avec une large base ». Pour son collègue ADLE Alexander Graf Lambsdorff (allemand), le débat au Parlement européen est « un signal lancé au gouvernement turc (…) nous le poussons à aborder le dialogue ». « Nous parlons du défi sans doute le plus difficile et complexe dans le contexte de la modernisation de la Turquie », a ajouté son collègue S&D Raimon Obiols (espagnol), ajoutant que « tous les problèmes turcs ont un lien kurde ». Pour la GUE, Jürgen Klute (allemand), cette discussion est « un premier pas vers une solution pacifique mais il reste fort à faire. Il faut que les partenaires puissent se faire confiance et décident de ce qui doit être négocié ».
De son côté, au nom des Verts/ALE, Hélène Flautre (française) a souligné qu'il faut donner à M. Ocalan les moyens de mener cette « tâche historique », pour qu'il puisse dialoguer avec les différentes composantes kurdes. Elle a précisé que le processus ouvert est « de première importance. (…) Il y a des enjeux régionaux considérables qui motivent le gouvernement à avancer ». Charles Tannock (ECR, britannique) a lui appelé le PKK à renoncer à la violence et à se lancer dans les négociations sans pré-conditions et au respect des droits des minorités en Turquie. Bastiaan Belder (ELD, néerlandais) a mis en garde contre la constitution de deux États parallèles qui n'est dans l'intérêt « ni des Kurdes ni des Turcs ».
Pour Mme Creighton, « il nous faut de toute urgence régler la question kurde », soulignant qu'elle a des répercussions sur les négociations d'adhésion. Stefan Füle a précisé que le processus, qui a le soutien des parties prenantes et d'une large part de la population « nous donne plus de raisons d'être optimiste et de croire que le processus est vraiment orienté vers des résultats ». « Si nous parvenons à un succès, cela permettra de mettre fin aux questions en suspens en Turquie », a-t-il ajouté.
Condamnation du meurtre de trois Kurdes. Les députés, tout comme Mme Creighton et M. Füle, ont également condamné l'assassinat de trois militantes kurdes à Paris, le 9 janvier, soulignant que ces meurtres ne doivent pas éloigner les parties prenantes pour avancer dans les négociations et promouvoir la paix. (CG)