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Bulletin Quotidien Europe N° 10781
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) bce

Draghi, le niveau de l'euro reflète le regain de confiance

Bruxelles, 07/02/2013 (Agence Europe) - La récente hausse du cours de l'euro témoigne d'un retour de la confiance des marchés envers l'Eurozone, a estimé jeudi 7 février le président de la BCE, Mario Draghi.

Selon la BCE, l'activité économique dans la zone euro devrait repartir fin 2013, appuyée par la politique monétaire accommodante de la BCE, par le regain de confiance sur les marchés et le renforcement de la demande globale. Sans surprise, le Conseil de gouverneurs de l'Institut de Francfort a décidé de laisser inchangés ses principaux taux directeurs.

Malgré ces facteurs positifs, la perspective de reprise reste en proie à des risques baissiers encore plus nombreux. L'un d'eux concerne la capacité des pays de la zone euro à maintenir le cap en matière de politique budgétaire et économique. Ceux-ci sont appelés à poursuivre leurs efforts de réduction des déficits budgétaires et des déséquilibres structurels ainsi que la restructuration du secteur financier, afin de ne pas mettre en danger cette confiance fraîchement retrouvée.

Cette confiance est d'ailleurs attestée par le remboursement de 140,6 milliards d'euros sur les 489,2 milliards que les banques ont empruntés lors des opérations de refinancement 'LTRO' à 3 ans. « D'après nos estimations, même après la deuxième tranche de remboursement, la liquidité excédentaire devrait avoisiner 200 milliards d'euros », a indiqué M. Draghi.

L'euro trop fort ? Quant au niveau de l'euro, jugé trop fort par Paris, il témoigne également du regain de confiance dans la monnaie unique. M. Draghi a rappelé que le taux de change n'était pas un objectif de la politique de la BCE mais que son institution évaluerait l'impact d'une appréciation soutenue de la monnaie unique sur la stabilité des prix. Sur les propos tenus par le président français, François Hollande, l'ancien gouverneur de Banca d'Italia a, à demi-mots, appelé à la prudence lorsque l'on tient ce genre de propos, vu l'utilisation que les marchés en font (EUROPE n° 10779). La BCE est indépendante, a-t-il souligné.

Sur la supervision bancaire unique, M. Draghi a rappelé l'importance de séparer politique monétaire et supervision bancaire. Il a indiqué que les travaux préparatoires étaient engagés avec les superviseurs nationaux. D'après lui, au sein du mécanisme unique de supervision, les pratiques des superviseurs nationaux seront harmonisées. Notamment, en cas de défaillance d'une banque, ceux-ci devraient être en mesure d'évaluer si un dirigeant est à la hauteur de sa tâche ou s'il doit être remercié. La supervision unique n'étant qu'une des pierres angulaires de l'union bancaire, l'UE devra à terme harmoniser les règles nationales pour le démantèlement de banques défaillantes afin de protéger le contribuable et d'éviter un effondrement.

Accord avec l'Irlande. La BCE et l'Irlande sont parvenues à un accord qui permettra à Dublin d'alléger le coût lié au sauvetage d'Anglo Irish Bank, et de sortir plus facilement de son programme d'aide internationale au 2ème semestre 2013. Le Conseil des gouverneurs a pris note de la décision de Dublin de liquider l'Irish Bank Resolution Corp (IBRC) (nouveau nom d'Anglo Irish Bank), a indiqué le président de la BCE, reconnaissant l'existence de la transaction sans toutefois rentrer dans les détails.

Enfin, M. Draghi a estimé que, « la Banque d'Italie (avait) tout fait dans les temps et de façon appropriée » en matière de supervision de la Banca Monte dei Paschi di Siena, rappelant au passage que le FMI en avait attesté. Cette banque avait récemment admis avoir occulté au superviseur national plusieurs milliards d'euros de pertes lors d'investissements complexes. (EL)

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