Strasbourg, 07/02/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont adopté le 6 février une résolution appelant à éliminer et prévenir toutes les formes de violences à l'encontre des femmes et des filles. Cette résolution servira de document de référence pour les eurodéputés qui participeront à la commission des Nations unies sur la condition de la femme en mars prochain à New York.
Schéma patriarcal. Une européenne sur cinq en Europe a subi des violences physiques au moins une fois dans sa vie, et une sur 10 a souffert de violence sexuelle. Mikael Gustafsson (GUE/NGL, suédois), président la commission parlementaire chargée des droits de la femme et de l'égalité des genres, est l'auteur de la résolution, en collaboration avec sa commission. Il affirmait la veille du vote que c'est une problématique dont « on entend parler tous les jours. Les femmes souffrent de la menace de la violence des hommes toute leur vie. C'est une violation systématique des droits de l'homme ». Il attribue cela à « la nature patriarcale de la société car ce sont les hommes qui décident et les femmes qui doivent se plier ».
Actions européennes. La résolution appelle précisément à l'élimination des comportements socioculturels discriminatoires qui accentuent la place subalterne des femmes dans la société. M. Gustafsson demande dès lors à la Commission de formuler des propositions et une stratégie claire pour éliminer ces violences faites aux femmes. La résolution appelle aussi à une directive établissant des normes minimales et demande à l'Union et aux États membres de ratifier la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique. La résolution suggère également à l'Union d'allouer plus de ressources à cette problématique, de la prendre en compte dans ses différents politiques et programmes, ainsi que dans son action extérieure. L'Union européenne pourrait aussi soutenir une campagne de sensibilisation mondiale.
Reding active. La veille du vote, la commissaire européenne aux droits fondamentaux, Viviane Reding, a participé au débat des parlementaires à ce sujet, et a énuméré les actions diverses déjà entreprises par la Commission européenne à ce sujet. Elle se joindra à la délégation qui ira à New York et a espéré qu'il n'y aura pas division Nord/Sud lors cette session des Nations unies. Elle est d'avis qu'il y aura là-bas « une équipe européenne » qui portera le message « voilà ce que nous faisons, et comment nous pouvons vous aider ». (MD)