Bruxelles, 07/02/2013 (Agence Europe) - La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est un principe en vogue et le Parlement européen, en adoptant deux résolutions lors de la séance plénière à Strasbourg, mercredi 6 février, veut l'encourager, à la fois à travers des mesures contraignantes et volontaires. Si l'une des résolutions insiste plutôt sur la première catégorie de mesures, l'autre veut éviter à tout prix des charges administratives supplémentaires pour le secteur privé. Mais, dans les deux cas, l'objectif poursuivi est le même, à savoir donner une forme concrète, tangible et opérationnelle à la dimension sociétale de l'activité de toute entreprise.
La position du Parlement au sujet de la RSE est aujourd'hui très similaire à l'approche actuelle de la Commission. Si les deux résolutions mettent ce point en avant et disent s'attendre à des propositions concrètes, l'auteur de la résolution « Responsabilité sociale des entreprises: promouvoir les intérêts de la société et ouvrir la voie à une reprise durable et inclusive », le député britannique Richard Howitt (S&D) a toutefois reproché à la Commission d'avoir « quasiment oublié son attachement à la communication sur la RSE publiée il y a un an ». Pour lui, cela s'explique par le fait qu'elle « considère à tort la responsabilité entrepreneuriale comme un coût alors qu'il s'agit d'une voie de sortie de la crise ».
Promouvoir la RSE ou responsabiliser 'par la force' les entreprises aux enjeux sociétaux (une notion qui comprend aussi bien la lutte contre les effets de la crise, le développement durable, la prospérité économique et sociale durable, que la préservation de l'environnement et les droits fondamentaux) a depuis longtemps déchiré les responsables politiques et cela transparaît encore en filigrane dans les interventions des députés du groupe S&D et du Parti populaire européen. M. Howitt s'est ainsi dit « convaincu que si la nouvelle loi proposée pour l'UE se fonde sur la reddition de comptes intégrés à la comptabilité financière et non séparés de celle-ci, cette loi favorisera la montée en puissance de l'entrepreneuriat responsable dont les dirigeants d'entreprise se disent demandeurs ».
Une telle approche n'est pas rejetée par les autres groupes, puisque cette résolution a été adoptée à une très large majorité. Mais le député italien Raffaele Baldassarre (PPE), auteur de la seconde résolution « Responsabilité sociale des entreprises: comportement responsable et transparent des entreprises et croissance durable » a mis plutôt l'accent sur la nécessité de « veiller à ce que la RSE demeure avant tout une politique volontaire ». S'il n'exclut toutefois pas la possibilité pour que la Commission propose ultérieurement des mesures contraignantes, celles-ci devraient préserver une flexibilité d'action large pour les entreprises. Le groupe ADLE s'est montré plus intransigeant sur cette question. Pour la députée Nadja Hirsch (ADLE, allemande), « le principe fondamental de la RSE est son caractère volontaire, c'est pourquoi nous nous opposons fermement à une législation dans ce domaine ». (JK)