Bruxelles, 10/01/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a précisé, jeudi 10 janvier, la nature de certaines mesures demandées au Portugal dans le cadre de son plan de sauvetage de 78 milliards d'euros, après la publication la veille d'un rapport du FMI évoquant la nécessité pour le pays de réaliser 4 milliards d'euros d'économies dans les dépenses publiques entre 2013 et 2014. Elle a notamment rappelé que ce montant figurait dans les objectifs fixés au pays lors de la dernière inspection sur place des représentants des créanciers du pays, réunis au sein de la 'troïka' (Commission, FMI, BCE), en novembre dernier.
Interrogé sur le sujet, le porte-parole du commissaire Olli Rehn, Simon O'Connor, a indiqué que le dernier rapport stipulait des économies, entre autres dans le service public, de l'ordre de 4 milliards d'euros mais que le montant exact de ces coupes ainsi que leur calendrier de mise en œuvre devait encore être discuté « lors de la prochaine inspection prévue mi-février ». Il a aussi précisé en réponse aux critiques de plusieurs syndicats portugais que la réduction des indemnités de licenciement à 12 jours par an - contre 18 jours proposés par les syndicats - figurait également dans les conclusions de la dernière mission effectuée sur place et qu'elle avait « fait l'objet d'un accord » avec le gouvernement portugais. Pour la Commission, la réforme des indemnités de licenciements constitue « un élément central » pour que le pays regagne de la « compétitivité » et crée « des emplois », a encore assuré M. O'Connor, pour qui la Commission souhaite « une issue constructive » aux discussions actuellement en cours entre gouvernement et partenaires sociaux.
Mercredi, le FMI a recommandé au Portugal de diminuer le nombre des fonctionnaires, tout en réduisant leurs salaires et leurs retraites afin de réaliser ces économies de 4 milliards d'euros, rapporte l'AFP. Il préconise de réduire de 20% le nombre des quelque 700 000 fonctionnaires portugais avec une diminution de 7% de leurs salaires. L'organisation internationale a également proposé d'augmenter l'âge de départ à la retraite et de donner au gouvernement la possibilité de revoir le montant des pensions en fonction des nécessités budgétaires. Toutes ces mesures s'ajouteraient à toutes les mesures d'austérité déjà appliquées dans le pays, notamment les hausses d'impôts prévues dans le budget 2013, que le président du pays Anibal Cavaco Silva a décidé de contester devant la Cour constitutionnelle, les jugeant inéquitables (EUROPE n°10758). (SP)