Bruxelles, 10/01/2013 (Agence Europe) - Avec les chiffres du chômage qui ne cessent de grimper, le choix de la présidence irlandaise de mettre « au cœur des priorités » l'emploi pour les six prochains mois ne peut guère étonner. Dublin compte ainsi s'attaquer aux dossiers 'techniques' en gestation dans le Conseil Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs (EPSCO), et peser de tout son poids dans les négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP), avec autant de chance de succès sur certaines questions (Fonds social européen) que d'échec dans d'autres (Fonds européen d'ajustement à la mondialisation).
Sur le plan de la mobilité, que la Commission européenne considère comme devant être un des domaines prioritaires dans les affaires sociales, puisque les institutions européennes y ont leur mot à dire, la présidence irlandaise compte faire avancer les travaux sur la révision de la directive concernant le détachement des travailleurs. Même si le Conseil butte actuellement sur deux points de première importance (EUROPE nº 10746), Dublin souhaite parvenir à l'adoption par les ministres d'une approche générale dans ce dossier lors de leur réunion à Bruxelles le 28 février, pour ensuite parvenir à un accord politique sur l'ensemble du texte les 20 et 21 juin, à Luxembourg.
La présidence chypriote s'était déjà fixé comme objectif de raviver le débat sur la proposition de directive relative à l'amélioration de la portabilité des droits à pension complémentaire. L'Irlande espère parvenir à une orientions général au cours du Conseil EPSCO du mois de juin. Toutefois, de nombreux États restent prudents vis-à-vis de cette directive, souhaitant tout faire pour préserver certaines particularités nationales de leur système. Dans les derniers points législatifs se trouvent la directive du Conseil relative à la mise en œuvre du principe de l'égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de conviction, de handicap, d'âge ou d'orientation sexuelle. Un énième rapport de progrès sera adopté en juin. Si quelques délégations s'étaient offusquées de la lenteur de ce dossier, Dublin fait preuve de réalisme et ne prévoit pas d'avancée majeure au cours de sa présidence.
Le cahier des charges du Conseil quant aux activités non législatives tourne autour du 'Semestre européen' et de deux propositions de la Commission. « Il est possible pour le Conseil EPSCO de renforcer son implication dans le processus du Semestre européen », indique la présidence, assumant ainsi l'ambition de la plupart des ministres européens du Travail de jouer un rôle plus important face à leurs collègues responsables des Finances. Plusieurs idées sont à l'étude, toutefois les pas concrets qui seraient pris sur le plan du partage des compétences restent flous. Comme cela a été le cas en 2012, le Conseil EPSCO donnera son opinion, sous forme de conclusions, sur les orientations politiques du dernier 'Examen annuel de la croissance' (en février), pour ensuite tenir un débat et approuver le projet de recommandations des Programmes nationaux de réforme (en juin).
Dès la première réunion du Conseil EPSCO, l'Irlande va poser sur la table une des propositions phares du commissaire Laszlo Andor, à savoir les recommandations de la Commission pour la mise en place dans les États membres de la 'garantie jeune'. M. Andor devrait présenter ensuite pour la première fois son 'paquet pour l'investissement social' qui vise à fournir aux États membres des recommandations sur l'ajustement, jugé nécessaire, des systèmes de protection sociale face aux circonstances exceptionnelles qui se traduisent par une montée incessante du chômage, particulièrement chez les jeunes. Les conclusions du Conseil sont prévues pour la réunion du mois de juin.
Enfin, malgré l'assurance avec laquelle l'Irlande veut s'attaquer à cette épineuse question et les encouragements de la Commission et du Parlement européen, tout porte à croire que le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation cessera d'exister. Une minorité de blocage campe sur sa position et ne semble pas vouloirs fléchir à l'approche du prochain Sommet européen (7 et 8 février) qui sera consacré au cadre financier 2014-2020. Cette minorité se compose des États suivants: Allemagne, Slovénie, Slovaquie, République tchèque, Suède, Lettonie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Estonie et Danemark. (JK)