Bruxelles, 10/01/2013 (Agence Europe) - La ministre française de l'enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, s'est rendue le mercredi 9 janvier au Parlement européen à Bruxelles, où elle a rencontré plusieurs députés, notamment la présidente de la commission parlementaire de l'éducation et de la culture (CULT), Doris Pack (PPE, allemande). L'objectif de la visite était de rappeler la volonté de la France de renforcer sa présence dans la construction d'une Europe de l'enseignement supérieur et de la recherche et de préciser la position française sur les perspectives et les programmes en débat au niveau du PE, Erasmus pour tous et Horizon 2020.
La ministre a plaidé pour conserver le nom « Erasmus pour tous » pour le nouveau programme européen, proposé par la Commission européenne mais fraîchement accueilli par le Parlement qui, à l'initiative du rapporteur Doris Pack lui préfère « YES Europe ». « Il n'est pas question de toucher à ce label européen », a déclaré Mme Fioraso, en soulignant être soutenue sur ce point par le Royaume-Uni, l'Espagne, la Suède et le Danemark. La ministre a également plaidé en faveur d'une démocratisation du programme et d'une ouverture renforcée aux étudiants des filières professionnelles et technologiques et aux pays de l'Euroméditerranée. « Le profil type des Erasmus, c'est une étudiante en troisième année de licence dont l'un des parents au moins a étudié dans le supérieur et dont la famille est plutôt aisée. Je veux démocratiser Erasmus », a expliqué Mme Fioraso. Dans le cadre des débats en cours sur le financement du programme, la ministre a rappelé la réserve de la France sur le recours à un système de garantie de prêts étudiants, souhaitant que ce dispositif reste expérimental et limité en part du budget. « Nous sommes opposés à l'idée de développer un système de prêts pour les doctorants, comme le souhaite la Commission. Cela risque d'aboutir à un surendettement. Nous ne voulons pas plus de 2 % de prêts, et seulement à titre expérimental », tout en allongeant la période de remboursement car « un an est trop dissuasif pour les jeunes des milieux les plus modestes », a-t-elle précisé. Lors de sa dernière réunion sur l'éducation le 27 novembre, le Conseil européen s'était contenté d'un état des lieux, dans l'attente de la position de la commission CULT qui devait avoir lieu le même jour (EUROPE n° 10738 et 10740). Les discussions devraient à présent avancer sous présidence irlandaise du côté du Conseil et un vote en plénière est attendu au PE début 2013. Les tractations entre les deux institutions débuteront alors et l'Irlande espère parvenir à un accord avec le Parlement au cours de sa présidence. (IL)