Bruxelles, 20/12/2012 (Agence Europe) - Les groupes politiques PPE, S&D et les Verts/ALE ont globalement bien accueilli la proposition de directive révisée sur le tabac, présentée le 19 décembre par le commissaire à la Santé, Tonio Borg (EUROPE n° 10755). Ils félicitent le nouveau commissaire d'avoir respecté les délais alors que la démission de son prédécesseur John Dalli laissait craindre un nouveau retard du processus d'adoption. « C'est important pour la crédibilité des institutions », a déclaré le PPE. « Le commissaire Borg a tenu sa promesse de publier la directive sur les produits du tabac dès sa prise de fonctions », a souligné l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D).
Les S&D estiment disposer d'un texte fort, susceptible de décourager les nouveaux fumeurs et de convaincre les fumeurs aguerris de cesser leur consommation de tabac. Ils se félicitent en particulier des dispositions prises en matière de conditionnement des produits, qui banniront les paquets de cigarettes « séduisants comme des rouges à lèvres », qui attirent tant les jeunes filles, tout comme l'interdiction de certaines substances comme l'arôme menthol qui séduit les jeunes. « Les produits du tabac (…) ne doivent pas être travestis en produits attractifs », a déclaré Linda McAvan (britannique). Pour le groupe PPE, la proposition est équilibrée et prévoit d'importantes améliorations pour le secteur de la santé, sans contenir pour autant des dispositions excessives. « L'impératif de protection de la santé doit respecter le principe de subsidiarité et l'économie de marché », a rappelé le groupe. Il se félicite de l'interdiction de certains arômes et des images d'avertissement plus grandes, qui devraient impressionner davantage les jeunes fumeurs. Il se réjouit également que le texte ne retienne pas l'obligation de l'emballage neutre. « Cela aurait créé trop de problèmes d'ordre juridique », ont précisé les députés Peter Liese (allemand) et Richard Seeber (autrichien). Ce n'est par contre pas l'avis des Verts/ALE qui, s'ils se félicitent « de ce premier pas important », estiment que la Commission n'est pas allée assez loin en matière d'emballage. « On regrette qu'elle ne soit pas allée jusqu'à proposer des emballages neutres », ont déclaré la Française Michèle Rivasi et le Suédois Carl Schlyter. Pour ce dernier, la Commission aurait dû interdire tous les arômes, et même, pour Mme Rivasi, les composants ammoniaqués qui aggravent l'addiction. La commission ENVI organisera une audition publique sur la proposition le 25 février 2013.
Du côté des organismes de santé publique européens, représentés par l'EPHA, on applaudit également la proposition. Toutefois, on regrette à l'instar des Verts que la Commission n'impose pas l'emballage neutre qui découragerait réellement les jeunes de fumer. Un regret partagé par le Réseau européen du cœur (EHN). Pour l'EPHA, cette proposition n'est qu'un début et l'organisation espère que le Parlement européen et les États membres ne se laisseront pas impressionner par le lobbying de l'industrie du tabac qui essaiera de délayer la proposition. Elle les encourage même à aller plus loin que la Commission: « Nous espérons qu'il y a assez de volonté politique pour compléter le processus l'année prochaine et aller encore plus loin que la proposition, rejoignant l'Australie et d'autres pays en imposant l'emballage neutre dans l'UE », a déclaré la secrétaire générale de l'EPHA, Monika Kosinska.
L'industrie de l'emballage européen déplore pour sa part la proposition d'emballages standards pour les produits du tabac, qui ne produira pas l'effet escompté mais menacera au contraire le secteur. « L'emballage n'est pas le problème (…) ce n'est pas une politique efficace », a déclaré en substance le président de l'ECMA (European Carton Makers Association). Selon lui, une telle décision non seulement ne découragera pas les fumeurs, mais ouvrira la porte à la commercialisation de produits illégaux fabriqués à bas prix au détriment du secteur de l'emballage européen. (IL)