Bruxelles, 04/12/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro sont satisfaits de l'état d'avancement du sauvetage bancaire espagnol qui nécessitera une aide proche de 40 milliards d'euros provenant du Mécanisme européen de stabilité (MES). « Le programme est parfaitement sur les rails et remplit toutes les conditions. Nous accueillons avec satisfaction la décision du MES d'autoriser le déboursement de la 1ère tranche d'aide au milieu de la semaine prochaine », a déclaré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker lundi 3 décembre à l'issue de l'Eurogroupe.
Le directeur exécutif du MES, Klaus Regling, a confirmé avoir reçu la requête officielle de l'Espagne concernant une aide de « 39,5 milliards d'euros ». Il a indiqué que ce soutien financier sera émis par le MES sous forme de titres à court et moyen termes qui seront transmis au fonds espagnol de sauvetage (FROB), le versement d'une 2ème tranche étant programmé pour janvier. 37 milliards serviront à recapitaliser les banques nationalisées depuis l'éclatement de la bulle immobilière espagnole (Bankia, Novagalicia, CatalunyaCaixa et Banco de Valencia) et 2,5 milliards pour les besoins de financement de la Sareb, la structure de défaisance des actifs immobiliers toxiques ('bad bank'). À son arrivée à Bruxelles, le ministre de l'Économie Luis de Guindos a annoncé que trois caisses d'épargne non nationalisées (Banco Mare Nostrum, Caja3 et Ceiss) nécessiteront une enveloppe additionnelle évaluée à 1,5 milliard d'euros.
Lundi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, avait écarté l'hypothèse d'une recapitalisation directe des banques espagnoles par le Mécanisme européen de stabilité (MES). Selon lui, la mise en place d'un mécanisme unique de supervision bancaire sous l'égide de la BCE, qui ouvrira la voie à cette recapitalisation directe, ni pourra bénéficier aux Espagnols (voir autre nouvelle). De fait, le sauvetage bancaire espagnol de 41 milliards d'euros aura un impact sur la dette publique espagnole (4 % du PIB).
Sur le plan budgétaire, l'Eurogroupe fait sienne l'opinion de la Commission européenne selon laquelle aucune nouvelle mesure de consolidation des finances publiques n'est requise pour que Madrid respecte ses engagements budgétaires pour 2012 et 2013. « L'Espagne a pris les mesures effectives pour corriger son déficit public », a estimé M. Juncker. Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a rappelé que la Commission se tenait prête à agir au cas où l'Espagne demande une aide. Il a rappelé le cadre possible d'une intervention: ligne de crédit à titre préventif ouverte auprès du MES et éventuelle activation du programme de la BCE de rachat de dette souveraine. « C'est à l'Espagne de décider », a-t-il rappelé. (MB)