Bruxelles, 04/12/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé, lundi soir, de se réunir une fois de plus le 13 décembre prochain, en marge du Sommet européen, afin de faire le point sur l'opération de rachat de dette lancée lundi 3 décembre par Athènes. Celle-ci vise à alléger la dette grecque d'environ 20 milliards d'euros, en rachetant, avec dix milliards de fonds du FESF, jusqu'à soixante milliards d'obligations souveraines toujours détenues par des créanciers privés (EUROPE n° 10743).
Le commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a refusé de commenter l'opération, qui doit expirer vendredi 7 décembre. « Nous avons toute confiance qu'elle se déroulera bien », a pour sa part indiqué le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici. Et d'ajouter que la réunion du 13 décembre devrait permettre aux Dix-sept de « procéder à la décision formelle du déboursement » de la tranche d'aide de 34,4 milliards d'euros.
Le modus operandi sur lequel les ministres se sont mis d'accord le 27 novembre (EUROPE n° 10739) prévoit ensuite l'injection de 9,3 milliards d'euros en trois tranches au premier trimestre de l'année 2013. Les Dix-sept ont conditionné la poursuite de ce financement à la mise en œuvre par les autorités grecques des réformes prévues dans le protocole d'accord (MoU), en particulier une réforme fiscale au mois de janvier.
Cette réforme donne du fil à retorde à la coalition gouvernementale grecque, où les partis du Pasok et de la Gauche démocratique s'opposent à la taxation de 45 % des revenus annuels supérieurs à 26 000 euros, selon la presse grecque. Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, devait s'entretenir mardi avec plusieurs ministres, alors que Yannis Stournaras, le ministre des Finances, prévoyait de rencontrer les leaders des deux partis pour tenter de trouver un terrain d'entente. L'alternative proposée par la Gauche démocratique serait d'augmenter les taxes sur les avoirs et les dépôts plutôt que sur les revenus. (EL)