Bruxelles, 04/12/2012 (Agence Europe) - Parvenir un jour à abolir totalement la prostitution sur le sol européen. Tel est le souhait de 200 associations européennes qui ont lancé mardi 4 décembre un appel en ce sens au Parlement européen. Un appel porté notamment par le Lobby européen des femmes ( EWL), associé à la Fondation Scelles et au mouvement français du « Nid », lancé en l'occurrence dans les locaux du député suédois Mikael Gustafsson (GUE/NGL) à l'initiative, avec d'autres élus de tous bords politiques, d'un prochain rapport sur le sujet, prévu en 2013, et dans lequel il sera question d'abolition, même symboliquement.
En attendant, l'appel lancé mardi à Bruxelles par ces 200 organisations insiste sur 4 principes, a expliqué mardi la présidente d'EWL, Viviane Teitelbaum, la prostitution étant à la fois « une forme de violence, un obstacle à l'égalité, une question de dignité humaine et une violation des droits fondamentaux ». Les associations ont donné quelques chiffres: en Europe, selon des données Eurostat de 2010, 76 % du trafic d'êtres humains était à des fins d'exploitation sexuelle, et les femmes et les jeunes filles constituaient 70 % de cette population exploitée ; selon des chiffres du Royaume-Uni, datant de 2004, environ 9 femmes sur 10 souhaitaient aussi sortir de la prostitution mais ne se sentaient pas suffisamment en sécurité pour franchir le pas. Face à ce constat, les associations ont adressé six recommandations aux États membres, leur demandant entre autres de cesser de pénaliser les personnes prostituées mais aussi de mettre au point pour elles de vrais programmes de réinsertion sociale et de retour vers l'emploi. La prévention devrait aussi être décuplée pour éviter que des femmes ne soient tentées de recourir à la prostitution. Cet appel s'inscrivait dans le cadre d'une vaste conférence organisée au Parlement et où devait aussi être étudié le fameux modèle suédois. Une loi de 1999 a pénalisé l'achat de services sexuels en faisant des prostitué(e)s des victimes et des clients des délinquants. Le nombre de femmes dans la rue a depuis diminué de moitié. Ce modèle, qui n'est toutefois pas exempt de critiques, inspire de plus en plus de gouvernements, notamment le nouveau gouvernement français qui compte lui aussi légiférer. (SP)