Bruxelles, 04/12/2012 (Agence Europe) - MM. Hollande et Monti ont réaffirmé leur volonté de soutenir le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Lyon (France) et Turin (Italie). Le sujet figurait en bonne place sur l'agenda de la rencontre au sommet entre le président français et le Premier ministre italien lundi 3 décembre à Lyon. De la sorte, les deux pays confirment leur engagement financier, mais l'intervention de financements européens reste en suspens. Aussi, le projet occasionne-t-il toujours de vives protestations, et déplaît aux Verts.
Déclaration commune. Mario Monti et François Hollande se sont rencontrés à Lyon pour discuter du projet d'infrastructure d'envergure et plus précisément du tunnel de 57 kilomètres entre leurs deux pays, qui devrait réduire d'une heure le temps de trajet entre Lyon et Turin, et attirer le fret routier vers le rail. Les ministres français et italiens des Transports ont signé en parallèle une déclaration commune concernant cette liaison ferroviaire. Frédéric Cuvillier, le ministre français, a affirmé que tous deux signaient là « l'engagement des deux pays » et réaffirmaient « l'intérêt du tunnel ferroviaire, pour faire circuler les marchandises sur le rail ».
Financements européens ? Si, pour le président français, il s'agit de la sorte de « passer à l'étape supérieure », il en demeure qu'il faudra aussi convaincre l'UE de financer 40 % des travaux, le montant total prévu pour ce projet étant de 8,5 milliards d'euros (2,2 milliards français, 2,9 milliards italiens). Mais, à ce stade, la Commission reste prudente. Helen Kearns, la porte-parole du commissaire européen aux Transports, a rappelé, mardi 4 décembre, que cela dépendait de l'accord sur le prochain cadre financier pluriannuel pour 2014-2020, et surtout « du soutien des chefs d'État, en l'occurrence de l'Italie et de la France, au Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe ».
Inutile pour les Verts. L'opposition à ce projet est très ferme dans les régions concernées, et, étonnamment, les Verts au Parlement européen ne souscrivent pas non plus à cette liaison ferroviaire. Les Verts jugent le projet « inutile aux coûts exorbitants », et attirent l'attention sur d'autres alternatives pour le transport de marchandises comme « l'amélioration des infrastructures, les plateformes de fret intermodales, l'accroissement de l'offre de trains, et les dispositifs de protection contre les risques et les nuisances ». Le député français Karim Zéribi (Verts/ALE) juge que « nous pourrions plutôt financer plusieurs projets structurants à moindre échelle, qui, mis tous bout-à-bout, donnent une cohérence à l'intermodalité en Europe ». (MD)